Présentation du livre

Note : aucune

0 commentaire(s)

— 1 —


Après une nuit agitée, je me lève. D’après ma mère, le grand jour est arrivé, pour moi ce n’est qu’une connerie de plus à supporter. Je viens d’avoir vingt-cinq ans, l’âge de la procréation, comme ils disent ici chez moi. Je vis dans un monde de folle, oui de folle ! Ma mère, est la grande inquisitrice, et règne sur la planète tout entière et par conséquent, je devrais dans cinq ans la succéder. Cette idée me déplaît fortement, mais je n’ai pas le choix.
Je me dirige, lentement et en traînant les pieds, vers mon immense salle de bain de luxe. Je grimace, lorsque j’aperçois ma tête dans le miroir. Dans un interminable soupire, je me déshabille et plonge sous la douche. C’est le moment du matin que je préfère, être sous l’eau chaude, c’est si exaltant et revigorant. J’attrape la serviette de bain et tout en m’essuyant, je me brosse les dents. J’enfile ensuite, à toute vitesse, mes sous-vêtements en soie bleu nuit. Mes cheveux blonds vénitiens dégoulinent dans mon dos légèrement cambré, heureusement, aujourd’hui je ne suis pas obligé de les coiffés. Ma mère a employé sa coiffeuse personnelle pour me faire une coiffure de cérémonie. Après les avoir séchés avec la serviette, je rejoins ma chambre de cinquante mètres carrés. Les murs, rose fuchsia, s’accordent parfaitement avec le tapis moelleux de luxe blanc. Mon lit, en baldaquin, est immense ; à lui tout seul il pourrait accueillir quatre femmes adultes. Mes draps en soie argentée sont en désordre ce
matin, je les tends en vitesse, puis j’attrape mon peignoir. Il est temps de descendre rejoindre ma mère.
Je longe l’immense couloir en marbre blanc donnant accès à l’escalier en bois noir. Dans le vaste hall, je croise, Mme Lunie ; gouvernante faisant partie des nombreuses domestiques de ma mère. Elle doit avoir la cinquantaine, petite et potelée, son visage rond au teint rose, laisse apparaître un petit sourire radieux en m’apercevant.
— Bonjour, Mademoiselle. S’écrie-t-elle d’une voix presque muette.
— Bonjour, Lunie, comment allez-vous aujourd’hui.
— Bien merci, votre mère vous attend.
En baissant les yeux, elle conclut la discussion et quitte la pièce.
Je rentre dans l’interminable salon, ma mère est installée, au fond de la pièce, dans un grand sofa en cuir gris, elle lit le journal.
— Mère. Dis-je calmement.
Elle lève les yeux ; ceux-ci en forme d’amande de couleur brun très clair m’observent.
— Ha ! te voilà enfin.
Elle me répond froidement.
— Josépha attend depuis trente minutes ! Me gronde-t-elle, en déposant son journal sur la table basse en verre. Nous devons partir dans moins de deux heures, je veux que tu sois parfaite !
Je lève les yeux au ciel et soupire.
— Elora ! C’est une journée importante, j’aimerais que tu y mettes un peu plus de convictions !
Elle me fixe furieusement, je capitule.
— Je vous suis. Dis-je en faisant un geste de la main vers la porte du fond.
La démarche ferme et assurée de ma mère
Page précédente
Vous lisez :

4 premiers chapitres : Par delà les préjugés

page :
Page suivante

Création du site


Nicolas SORANZO