Présentation du livre

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Je cours dans ce qui anciennement était ma ville. Maintenant je dirais plutôt que c'est ma prison. Je regarde en arrière. Elle me poursuit toujours. La créature. Elle est grande, noire et poilue. Le genre de chose qu'on aime pas trop voir. C'est des bêtes carnivores, qui bouffent tout ce qu'elles trouvent. Flippant, j'avoue. Je cours toujours dans ces ruines. Je cours droit devant moi. Pourquoi? Bonne question. Je sais pas trop en fait... Je regarde autour de moi et je vois une ruelle à moitié détruite. Je tourne et m'enfonce dedans. La créature ne pourra pas me voir, elle est aveugle et son odorat est peu développé. Je ne sais vraiment pas comment elle se dirige. Je suis épuisé. Deux heures que cette merde me court après. Tout ça pour me bouffer! Mais je suis pas bon bordel! Foutus chercheurs! C'est de leur faute si ces bestioles cherchent à nous bouffer! C'est eux qui les ont crées! Et merde, quoi! Tout ça pour la guerre. Ah, je reconnaît bien mon pays. Vives les states! Merde! J'ai l'impression d'être bourré et filmé en même temps. Je tombe par terre et je m'endors. Tant pis si je crève ça vaut plus le coup de rester ici tout façon.

J'entends des voix qui causent au dessus de ma tête de grand fou. Peut-être que j'étais vraiment bourré. Me rappelle pourtant pas de m'être soulé. Pas grave. J'ouvre les yeux. Deux gars me reluquent comme si j'étais une de ses foutus bêtes.
-Quoi? je leur sort.
Ils continuent à parler entre eux.
-Mais qu'est-ce que vous avez? Vous êtes des putains de chercheurs c'est ça, hein?
Ils ont ri et sont partis en courant.
-Bandes de cons! C'est à cause de gens comme vous qu'on est dans la merde!

J'en ai marre. Ma femme et mes deux enfants sont partis se réfugier au Japon le temps que ça se calme. Mais ça se calme pas et ça fait un an que c'est comme ça. Je crois que je les reverrais jamais. Je me relève et fonce jusqu'au bout de la rue. Je m'arrête net. Je sens une respiration chaude et sale. Je ne tourne même pas la tête je comprend direct ce que c'est. Merde! Là c'est clair si il m'a senti il va pas chercher à comprendre, il va me bouffer. Je me colle au mur et pars dans le sens opposé. Dieu ce qu'ils peuvent être froids ces murs! Je continu à le longer tout en regardant si la bête part. Je vois une ombre noire qui correspond parfaitement à la chose. Bizarrement je la voie s'affaler au sol. Je m'avance, prudemment, on ne sait jamais avec ses trucs là. Arrivé devant le gros tas noir, je me suis rendu compte que l'animal était bel et bien mort. Aussi, de l'autre côté du cadavre poilu, un homme était en train de découper des morceaux de sa chair. Je le regarde, plein de dégoût.
-Quoi? me demanda l'homme.
-Vous bouffez cette saleté, je réplique.
-Et alors? C'est mangeable, j'ai pas envie de crever.
-Tu vas dans les magasins, pauvre con, ai-je ajouté.
-C'est toi le con, ça s'appelle du vol!
-M'en tape.
Je continu à le regarder faire. Puis il me propose un morceau de viande qu'il avait cuit avec la petite flamme de son briquet.
-Toute façon, on va tous crever, me dit-il.
Je ne me fais pas d'illusion, je sais qu'on vas finir par clamser. Alors j'attrape du bout des doigts le morceau et mords dedans. La viande n'est pas trop cuite, mais elle n'est pas immonde non plus. Alors je continue à la manger et finis le morceau.
-T'as encore faim?
Je fais signe de la tête que non. Cette viande coupe l'appétit direct.
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Nicolas SORANZO