Présentation du livre

Note : etoilesetoilesetoilesetoilesetoiles

1 commentaire(s)

Élise s'assoit devant son piano:
"Très bien, mademoiselle, murmure Miss Éverglen, la professeur de musique, aujourd'hui nous allons jouer un petit morceau de l'opéra de Verdi. C'est un morceau en mi bémol. Vous devrez présenter un morceau de piano, lors de votre audition. Il faudra donc le choisir soigneusement. Bien, commençons"
Miss Éverglen, sortit de son cartable, des partitions et elle les installa sur le piano.
Élise joua le morceau sans se tromper une seule fois:
"Vraiment, mademoiselle, affirme la professeur de musique, vous êtes très douée ! Ils n'hésiteront pas à vous prendre ! Veuillez apprendre cette partition pour la prochaine fois et trouvez un morceau pour l'audition de demain. Je serai là demain, à la première heure. Vous serez prêtes pour prendre la calèche de neuf heures." La professeur de musique rassembla ses affaires et elle sortit de la maison en souriant. Ce n'était pas simple d'avoir une élève aveugle en cours de musique car il fallait faire des partitions en Braille, mais Élise était vraiment très douée... La mère d'Élise entra dans le salon de musique:
"Élise, il faut que je te prépare pour demain. Ton cours de musique s'est bien passé, ma chérie ? Tes frères m'ont fait tourner en bourrique toute la matinée, ton père est partit en ville pour acheter du bois et Bébé Jo a casser le vase en jade que Tante Marie avait acheté pour Noël !
-Oui, je dois apprendre l'opéra de Verdi et je dois trouver une chanson pour demain..." La mère d'Élise prit un peigne qu'elle passa dans les cheveux blonds de sa fille. Élise fut coiffée, sa mère lui fit une grande tresse qu'elle enroula sur sa tête et elle lui noua des rubans dans les cheveux. Le couturier vint pour lui faire essayer toutes sortes de robes en dentelle.
Quant tout fut fini, Élise demanda à sa mère de lui donner les noms de ses partitions:
"Alors, tu as "Le Noël de docteur MacValley", "Les Tricheries de Gauguin", "Les feux de Joie", "La Marseillaise", "Les chats de nuit", "Le jardin enchanté" et "L'opéra de Verdi"! Que vas-tu prendre, alors ?
-Je pense que je vais prendre "Les Tricheries de Gauguin". Élise s'assit devant son piano et elle joua "Les Tricheries de Gauguin" jusqu'à la nuit tombée.
Le clocher de l'église sonna sept heures, Miss Éverglen attendait devant la porte. La mère d'Élise lui ouvrit puis les deux femmes pomponnèrent Élise. Elles lui firent enfiler sa robe, lui changèrent ses rubans, lui lavèrent le visage, lui cirèrent ses bottines... Élise attrapa sa partition et Miss Éverglen fit monter toute la famille dans la calèche. Élise entendait le pas des cheveux et elle sentait les secousses qui la faisait bouger. C'était la première fois qu'elle montait dans une calèche. Ses frères eux aussi étaient impressionnés.
Ils arrivèrent devant une grande bâtisse en pierres, où un majordome attendait. Il prit le bras d'Élise et celui de Miss Éverglen et les emmena dans les coulisses. La famille d'Élise s'assit dans les premières rangées. L'audition se passa très bien, les juges applaudirent:
"Mademoiselle, murmura une des juges, vous recevrez une lettre, pour savoir si vous êtes prise au conservatoire de Paris. Je ne sais pas si vous serez prise, car il n'y a jamais eu d'aveugle dans ce conservatoire...
-Et alors, se fâcha Miss Éverglen, On peut très bien devenir un grand musicien et être aveugle ! Je ne voie pas le problème !
-Madame, soupira un des juges, calmez-vous ! L'audition est finie. Que tous le monde sortent d'ici !" Tous le monde s'en alla dans un tintamarre assourdissant. Ils rentrèrent chez eux. Élise attendait le facteur, chaque jours, elle entendait le moteur de sa camionnette ronronner et bien que Miss Éverglen l'a console en lui disant qu'être aveugle n'était pas un problème et que l'on avait le droit d'être différent et d'être dans le grand conservatoire de Paris, Élise était certaine que les juges ne l'avait pas choisis car elle était différente. Dans ces moments là, Élise se recroquevillait et un souvenir assiégeait son esprit:
"Élise ouvre les yeux pour la première fois, mais elle ne voie rien, que de la brume. Élise pleure et l'infirmière la prends dans ses bras. Trois ans plus tard, Élise va voir un spécialiste, sa mère s'inquiète car sa fille ne sait pas marcher, elle heurte tous les objets qui se trouve sur son passage et elle ne reconnais pas les différentes couleurs. Le spécialiste fait passer des test à Élise et conclut qu'elle est malheureusement aveugle." Après le passage quotidien du facteur, la mère d'Élise rentrait toujours dans le salon avec les courriers:
"Mère, avez-vous reçu la lettre de Paris ?
-Malheureusement, elle n'est pas encore arriver mais ne t'inquiète pas, elle ne saura tarder !
Fais donc preuve de patience, ma chère enfant.
-Je suis sure que cette lettre arrivera jamais !
Ils ne veulent pas d'aveugle dans ce conservatoire..."
Page précédente
Vous lisez :

La lettre à Élise

page :
Page suivante

Création du site


Nicolas SORANZO