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CHAPITRE 1 : « Découverte de malade ! »

C’était donc ainsi que ça a commencé ; comme un réveil après un sommeil lourd. On croit avoir fait un cauchemar et l’on se dit que tout est fini, mais on essaie quand même de s’en souvenir. L’émergence délicieuse, mais sortante de cette euphorie éphémère, donne envie de se rendormir à tout jamais. Le cauchemar n’est pas toujours là où l’on s’attend le plus à le vivre.

Ce matin-ci, il essayait de se réveiller d’un sommeil commotionnant. Il se demandait qui il était, qu’est ce qu’il représentait. Des milliers de pensées et de sensations étrangement passionnantes venaient l’envahir. Sa tête lui faisait bien trop mal pour que ce soit la sienne. Était-il conscient ou avait-il seulement les yeux ouverts ? Il ne savait plus où il était, dans quelle folie extravagante son sommeil l’avait encore emporté. Il avait l’esprit vagabondant. Personne ne se trouvait à côté de lui, avec lui. Cette nuit ne lui avait pas prêté conseil, pas donné repos, pas donné de rêve... et pourtant il se sentait très fatigué. Il ne savait ce qu’il avait bien pu vivre durant cette nuit mouvementée, mais il gardait un pressentiment désagréable et puissamment dérisoire d’après lui. Tout était dérisoire pour lui. Il partait traîner les pieds dans le long couloir, au fond duquel se trouvait la salle de bain. Il se sentait condamné quand il longeait ces deux murs serrés. Il faisait son brin de toilette quotidien sans poser un regard sur ce miroir profondément révélateur. Il se passait un coup bref de peigne dans les cheveux, se parfumait légèrement et frottait sa courte barbe en se demandant s’il allait la raser de suite, ou un autre jour. « Un autre jour, flemme. » Une fois le tout terminé, il prit des vêtements de civil pour s’en revêtir, puis il alla manger. Posé sur cette chaise froide et blanche, il ne faisait que semblant de manger. En réalité, il s’imaginait en train de s’empiffrer de pleins de bonnes choses, mais l’appétit, lui manquait ces derniers jours... Son boulot l’énervait, sa famille le soûlait et il avait envie de tuer tous ses collègues. La joue engouffrée dans sa main droite, il écoutait le téléphone sonner. Il se disait qu’il avait bien choisi... Et il ne bougeait pas, aucune action ou réflexe ne l’atteignit, quand il réalisa que le téléphone sonnait vraiment : « Mince ! Quel abruti ! » Une voix grave et tremblante se trouvait à l’autre bout :
« — ouais, mec. Faut que tu te ramènes ! Grouille !
— Où ?
— Je te guiderai quand tu seras dans ta caisse.
— Qu’est-ce qu’il se passe ?
— Y’a une urgence, on va avoir du boulot passionnant mec ! Allez, raboule !
— Mais c’est quoi l’urgence ?
— Un gars s’est fait étendre cette nuit.
— Bah pourquoi tu me presses autant ? Il est bien mort ?
— Bah oui !
— Ben s’il est mort, il ne bougera pas ! Il n’y a pas urgence !
— Ouais... Bon allez, dépêche, ce n’est pas tous les jours qu’on a du vrai boulot.
— T’es vraiment crétin en fait.
— Hé, je ne te permets pas, monsieur le dépress ».
— Mais ferme-la ! »

Il raccrocha : « Pff, vraiment la flemme aujourd’hui... ». Il se hurlait à quel point il aurait dû prendre en compte ses pressentiments. Il restait planté là, comme un imbécile perdu, avant de décider de s’agripper à sa veste marron et de sortir. « Une urgence ! Je t’en foutrai moi des urgences ! » se criait-il. Une fois tout perdu, qu’elles sont les urgences restantes ? Il serra la poignée de la porte qui séparait son monde et le monde des autres et la tourna. Il descendit quelques dizaines d’escaliers avant d’atterrir dans le hall de l’immeuble et d’en quitter le sein. Il ouvrit sa voiture puis partit découvrir la chose si pressante et passionnante à voir...






Son ami le guidait jusqu’à l’endroit qui sentait à plein nez l’enfer. Il sortit de la voiture et contemplait les bandes jaunes qui entouraient la maison. Il se moquait intérieurement des journalistes qui se bousculaient pour avoir la moindre information. Pour lui, profiter d’un mort pour se faire de l’argent était terrible... Il passa alors en dessous d’une des bandes : « Ah ! Te voilà ! Viens, je vais te faire visiter le domaine ! C’est pas très beau, mais ça vaut le coup d’être vu. » Les deux amis entrèrent dans la petite maison blanche. Il découvrait alors une horrible scène banale comme on peut souvent en voir à la télévision, sauf que là, c’était réel. Son ami le conduisit dans le salon. L’horrible devait bien arriver, et, il avait choisi ce boulot pour avoir de l’action. Et bien, il était servi : les murs étaient peints de sang, le sol glissant l’effrayait et le corps était complètement... « Bousillé ! Ouais, il s’est fait littéralement bousiller le mec . Le médecin légiste a dit qu’il avait subi une mort affreuse et douloureuse, très lente. Le mec a dû essayer de se redresser en s’appuyant sur les murs, et c’est pourquoi ils sont si joliment... peints... » Il s’approcha du corps, lentement pour ne pas se choquer davantage. Il fixa longuement le visage du décédé... et il se souvenait. Oui, il connaissait, seulement de passage, l’étendue. Des flashs lui vinrent, et un voile se forma sur ses yeux. Un voile de larmes, un voile de souffrance morale et psychologique terriblement meurtrissant. « Hé ! Hé mec... Ça va... Hé ? Remets-toi ! T’as craqué ton slip ou quoi ? Hé ! Mathias ! » L’air d’un drogué, il se retourna vers son ami. Il dit en tremblant : « Mais, t’as vu... T’as vu, c’est... C’est lui... », et il se mit à pleurer de toutes ses possibilités. Son ami l’attrapa violemment, le tira vers lui et le serra contre lui-même : « Oui... Je vois... Allez, mec, reprends-toi... » Cette image des deux amis inspirait compatie dans le cœur des autres policiers qui se trouvaient sur place. « Mec, faut pas que tu restes là, je pense... ». Il le repoussa avec douceur et lui sourit. « T’es un pote, InSoo. T’es un vrai pote. » Il essuyait ses joues de ses deux manches alors qu’il apercevait quelque chose... de particulier. Attiré par cette chose effrayante, il se pencha au-dessus de celle-ci. « Hé, InSoo, viens voir ça ! » Les deux hommes remplis de fureur, de douleur et de curiosité fixèrent la chose. « Il est écrit “Sans Regret” comme vous pouvez le voir. — dit le médecin légiste, — Aparemment, le meurtrier a regardé sa victime mourir. Une fois la victime morte, il a pris sa main, plus précisément un de ses doigts, le trempa dans le sang et écrivit ça. N’est-ce pas terrifiant les gars ? Je pense que c’est un message pour nous. Comme une provocation. On a affaire à un meurtre terrible ! Notre ennemi est très certainement un psychopathe de la pire espèce et un assoiffé de sang et de haine. » Mathias avait encore un peu de mal à réaliser. Tout s’est produit si vite : son coucher, son levé, ses préparations, ce coup de fil, ce chemin, l’entrée dans la maison, la découverte du mort, ses pleurs, et puis ça... InSoo s’exclamait alors : «Découverte de malade ! Mathias, c’est bien lui. Il s’est fait étendre. Comme ton frère... »
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Sans regret

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Nicolas SORANZO