Présentation du livre

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Il écrivait encore une dernière ligne. Il écrivait « Carpe diem ! » Sa plume cessait de bouger et l’encre de couler. Il était enfin comblé, content d’avoir finit son œuvre. Ecrivain avait écrit sa vie, posé tout cela sur feuille pour se soulager d’un poids qui lui semblait trop lourd à soulever avec des mots. Parfois il essayait de parler, mais sa gorge lui devenait trop douloureuse. Il détestait pleurer devant les autres, car il croyait que verser des larmes lui faisait perdre sa virilité. Alors Ecrivain écrivait. Il écrivait ses rêves, ses désirs et son vécu, ses souffrances, ses joies... Tout. Le papier devenait son seul ami, son confident, et l’encre devenait sa parole. Il était honnête avec ce qu’il écrivait. Mais Ecrivain s’enfermait dans une bulle noire et personne ne voulait y entrer pour le rejoindre. Seul, il ne pouvait l’éclater, car il s’y sentait bien. Pourtant cet espace qu’il lui était fort plaisant était néanmoins nuisible. Il vivait de l’encre coulante, se nourrissait de mots et de lettres que personne ne connaissait. Une fois sa vie entièrement écrite, il se mit à inventer des histoires loufoques et extravagantes. Il aimait ce qu’il écrivait et sa bulle grandissait peu à peu. Ecrivain tremblait tellement que l’écriture le possédait. Parfois, il sentait sa main faire des mouvements sans même qu’il ne puisse les contrôler.
Il laissait sa plume glisser toute seule, la laissant s’exprimer seule. Puis, par grand étonnement, sa plume forma des mots qu’il
avait déjà écrits auparavant. La plume écrivit « Carpe Diem, profite du jour présent mon ami ! ». Il déchira la feuille, en prit une autre et posa la plume sur celle-ci. Mais elle continuait d’écrire ces quelques mots. Puis, une voix ! La voix d’une femme vint à son oreille et elle disait : » N’as-tu donc pas écrit Carpe Diem ? Regarde autour de toi, vois-tu quelqu’un ? Tu es seul ! » Il regardait autour de lui, paniqué. Puis il reposa ses yeux sur le papier, et la feuille avait la forme d’un visage. Un visage de femme, le visage de la plus belle femme de l’univers, tellement belle qu’aucune femme humaine ne pouvait lui ressembler. Il y frappa dessus, mais il se faisait plus de mal qu’autre chose. Il frappait sans s’arrêter et les bords de ses mains commencèrent à laisser des traces de sang sur la feuille. Quand il commença à se calmer, il décida de sortir. Mais sa bulle l’enfermait toujours. Il criait, hurlait, pleurait, mais personne ne voulait l’entendre. « Trop fou, trop bizarre, trop renfermé, trop désespéré, trop triste pour nous » se disaient-ils. Ecrivain était devenu l’homme le plus rejeté, du moins c’était ce qu’il croyait. Il priait Dieu pour sortir, mais que pouvait faire celui-ci ? « Une fois sorti, tu n’auras plus besoin de moi. Tu ne t’intéresseras plus à moi. Pourquoi faut-il que je t’aide ? » Ecrivain voyait des foules immenses rire autour de lui, le pointant vulgairement du doigt. Il sentait la terre tourner à toutes vitesses, il voyait les grandeurs
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Ecrivain.

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