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Chapitre 1


Pour son trois cent soixante-seizième jour sur le terrain, Marc Garner demeurait stoïque. Il devait montrer de quoi il était capable encore une fois. Autant dire que malgré son air détendu, en dessous de sa chair son cœur battait à se rompre. Un an et onze jours plus tôt, il avait commencé à la circulation, ce n'était peut-être pas le métier rêvé mais il s'était promis de gravir les échelons comme son grand-père dix ans plus tôt. Son intention était d'une simplicité absolue : écraser ses misérables collègues pour entrer en section criminelle. Il se savait plus intelligent et rusé que ses partenaires et il n'hésiterait pas à en tirer profit.
Debout devant son miroir, ajustant son uniforme, il s'imaginait devant une horde de journalistes, répondant vaguement aux questions et laissant le doute. Ce boulot de flic lui collait à la peau, et il s'en vantait. Marc n'était pas petit comme son capitaine, au contraire, du haut de ses un mètre quatre-vingt-dix, il dépassait largement ses équipiers. Le FBI n'avait qu'à bien se tenir. Il plaqua ses cheveux bruns et vérifia une dernière fois si son uniforme était lisse. Il finit par récupérer son téléphone et sortit de son appartement de Wall Street. Il habitait à cinq cent mètres du commissariat, et comme toujours il arriva dix minutes à l'avance. Se faire remarquer par son travail assidu et sa ponctualité alarmante, faisait partie de son plan... Il savait ce que disaient ses collègues dans son dos : « lèche-botte », et d'autres synonymes plus ou moins charmants. Quels merdeux ! Rira bien qui rira le dernier... Un jour sa chance se présenterait, et il n'hésitera pas à la saisir. Son chef, le capitaine Paladiermo, était comme les flics qui n'avaient pas percé : un homme vulgaire, couard et ne connaissant aucune des définitions d'autorité. Il cédait toujours et malgré tout, il était capitaine.
Garner se posait toujours la même question : les bureaux de la brigade criminelle étaient-ils aussi pourris ? Le papier-peint jaune, qui recouvrait les murs demeurait à moitié arraché, le plafond se montrait tout aussi repoussant, recouvert de tâches brunâtres dues aux nombreuses infiltrations. Qui avait bien pu construire un tel bâtiment et de plus en être fier ? Celui-ci devrait être jugé et jeté en prison... La montre digital affichait neuf heures deux minutes et comme toujours ses coéquipiers demeuraient tous en retard. Se montrer ponctuel est une chose mais fallait-il encore qu'il y ait quelqu'un pour le voir. Marc soupira longuement et regarda fixement l'heure, un jour peut-être ses collègues se bougeront le cul pour venir bosser, mais ça n'allait pas être aujourd'hui. Simon McDarleight, le pire de tous les bouseux qu'il avait rencontrés, entra dans le bureau avec de grosses cernes noires sous les yeux, Marc comprit qu'il n'avait sans doute pas décuvé totalement de la veille : comme tous les lundis. Le reste de l'équipe arriva au

compte-goutte, et le capitaine Paladiermo fit l'appel. Une autre question vint à l'esprit de Garner : à la brigade criminelle faisait-on l'appel ou bien possédait-on un badge magnétique ? Il s'empara du plan que lui tendait Paladiermo et l'observa sans rien dire. Il était dix heures vingt, quand ils purent enfin se mettre au travail. Son secteur se trouvait être le coin le plus paumé de New York. Ce n'est pas en bossant ici que je deviendrais préfet... pensa-t-il. D'ailleurs, Marc ne se demandait pas pourquoi il ne mettait pas de contraventions aux propriétaires des clébards qui pissaient sur le trottoir. Il détestait les chiens, et ces derniers le lui rendaient bien. Sa radio grésilla, et la voix de l'autre côté prononça :
-Garner, ici le capitaine Paladiermo.
-Oui chef, que voulez-vous ? Dit-il avec une sympathie toute faite.
-Marc ! Va voir à l'angle de la 3ème, on nous déclare un véhicule suspect.
-Okay.
Allez encore un emmerdeur ! D'un pas nonchalant il se rendit à l'endroit mentionné par Paladiermo. Sur ses gardes, craignant un bizutage, Garner s'approcha de la voiture : rien...Il se détendit, et sortit son carnet de contraventions, il s'apprêtait à mettre une amende salée au propriétaire de ce véhicule quand il fut surpris par l'odeur de pourriture. Il tapa à la vitre mais aucun mouvement ne se produisit, et d'un coup de matraque il cassa la vitre pour ouvrir la portière. L'odeur était insoutenable, on aurait dit une odeur de... putréfaction. Avec une infinie vigilance, il ouvrit le coffre et manqua de s'évanouir. Un corps gisait-là, et faisait le festin de vers et autres insectes affamés. Tremblant, il appela la police : la brigade criminelle.
Quelques minutes plus tard, l'endroit grouillait de policiers tentant de faire respecter les délimitations de la scène de crime aux journalistes. De là où il se tenait, Marc voyait très bien la police scientifique s'affairer autour, veillant à vérifier que le médecin légiste fasse bien son boulot. Rien ne se passait comme dans les films : pas de belles gonzesses, au caractère bien trempé, toujours bien coiffées... non ici, Garner n'avait même pas su si c'était une femme ou un homme derrière la blouse blanche, le masque et la charlotte. Après avoir recueilli son témoignage, on lui avait gentiment fait comprendre qu'il n'était plus le bienvenu. Son patron lui avait accordé une semaine de repos, mais le jeune flic n'avait qu'une seule idée en tête ... c'était le moment où jamais de faire enfin ses preuves ! Garner avait juste eu le temps de remarquer que la victime était morte dans d'atroces souffrances : un meurtre qui allait faire couler de l'encre par le fait même de sa complexité. Marc allait en profiter cependant une chose était sûre, il devrait jouer solitaire car ses collègues n'hésiteront pas à lui voler sa place. Il se méfiait surtout de son patron qui avait proposé son aide bien trop expressément... Personne ne lui prendrait sa place. Garner savait que toute cette histoire allait être longue et dangereuse mais il était prêt depuis tout petit : le jeu en
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La Hache de la Vengeance

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Nicolas SORANZO