Présentation du livre

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I

Virginia avait la migraine, la réunion avec son rédacteur en chef s’était mal passée. Elle soupira, sortit de son sac un tube de médicament et en avala un. Il voulait encore un article exceptionnel, mais où allait-elle trouver une nouvelle idée, songea t-elle. Virginia était une journaliste reconnue et à trente ans, elle avait déjà parcouru le monde et écrit des articles sur de nombreux sujets. Elle avait même reçu l’année précédente un trophée pour son article sur la traite des blanches. Qu’allait-elle bien pourvoir écrire, se demanda t-elle. Elle voyait encore son chef lui dire avec son air suffisant : « Mais chère Virginia, vous êtes ma meilleure journaliste et je suis sur que vous saurez trouver …si vous en avez assez, je peux vous changer d’affectation au courrier du cœur… », Ironisait-il. Quel homme arrogant et stupide, pesta t-elle.
Virginia sortit un instant de ses pensées et regarda autour d’elle, la nuit était froide et quelques gouttes de pluie commencèrent à se poser sur sa veste. Elle releva le col de sa veste pour protéger son cou des gouttes de pluie, accéléra le pas et regretta de ne pas avoir appelé un taxi en sortant de la réunion. Elle était à 1 kilomètre de chez elle, pensa t-elle, il n’était plus temps d’appeler un taxi, le temps qu’il arrive elle serait arrivée. Elle contrôla l’heure rapidement sur sa montre : 23h15. La nuit allait être courte, elle avait rendez vous à 7h00 avec un informateur, qui elle l’espérait, aurait des informations à lui donner qui lui permettrait de faire l’article que son patron attendait. Elle n’avait pas vraiment envi d’y aller à ce rendez vous, elle était rentrée la veille d’Iran, et avait bien besoin d’une longue nuit de sommeil.
Virginia attrapa un élastique à cheveux dans son sac à main et attacha rapidement sa longue chevelure fauve. La pluie tombait de plus belle et il n’y avait pas un chat à la ronde, alors elle accéléra encore le pas. Les réverbères déposaient sur les trottoirs leurs lumières blafardes donnant à la rue un air sinistre : les grands immeubles haussmanniens accentuant le tout par de leurs ombres immenses. Virginia n’y prêta pas attention, elle avait beaucoup bourlingué et ne s’effrayait pas facilement, la seule chose qui la faisait accélérer c’est qu’elle n’avait pas envi de se faire tremper. Elle se souvenait encore de ces extrémistes arabes qui avaient tenté de la kidnapper en Afrique central, elle ne s’était pas laissée faire. Elle était le désespoir de sa mère, elle le savait, celle-ci craignait toujours pour sa vie. Elle lui disait toujours : « A force de chercher les ennuis, on les trouve toujours ! ».
Virginia recourba un peu sa tête dans son col, la pluie s’était transformée en averse et elle était trempée jusqu’au os. Elle pesta à grand coup de jurons.
Elle tournait au coin d’une rue, elle n’était plus qu’à quelques centaines de mètres de chez elle lorsqu’elle entendit du bruit dans une ruelle toute proche. Ne sachant résister à sa curiosité de journaliste, elle se dirigea vers le bruit en tentant de ne pas se faire remarquer.
Là, cachée par l’angle d’un immeuble, elle assista à une scène bien singulière. Un homme très grand tenait un long sabre, deux autres tenaient des crucifix. Il faisait sombre dans la ruelle seul le clair de lune donnait un peu de lumière, elle avait du mal à distinguer les protagonistes. Elle distinguait juste leurs formes, puis ses yeux s’habituèrent à l’obscurité et elle vit bien qu’ils faisaient face à quelque chose mais ne voyait pas quoi. Le trio recula de plusieurs pas, et là, elle les vit pour la première fois. Ils étaient quatre. Le premier un homme grand, des cheveux châtain clair un peu long sur la nuque habillé d’un jean noir et d’un sweat bleu marin semblait être le leader. Seul son visage très pale et aux traits anguleux était réellement visible dans la pénombre. Il lui sembla qu’il feulait ce qui lui parut improbable. Les trois autres étaient tout aussi singuliers. Deux femmes se tenaient de chaque côté de l’homme, elles lui parurent très belles bien que la colère déformait légèrement leurs beaux visages. Autant la première était blonde que la deuxième était brune. Tous deux se tenaient dans une position défensive. Elle constata alors que le quatrième en retrait un métis lui sembla t-il avait adopté la même position. Ce qui la frappa en les voyant ce fut l’impression de clan qui se dégageait d’eux. Cela lui fit penser aux animaux sauvages qu’elle avait vus dans les plaines d’Afrique. D’ailleurs, en les regardant, ils lui semblèrent aussi dangereux et elle eut un frisson de peur qu’il lui traversa le dos. Virginia ne fut pas pour autant moins curieuse et se rapprocha un peu plus pour observer la scène. Elle constata alors qu’ils avaient tous comme leur chef et même le métis sous sa peau dorée un teint très pale. Tous aussi étaient vêtus de vêtements sombres. Là, pour la première fois, elle arriva à distinguer ce que l’homme, qui tenait le sabre, disait :
- « Arrière monstres ! »
Virginia sortit doucement un appareil photo numérique et commença à prendre quelques clichés. Elle ne regardait pas vraiment ce qu’elle prenait trop occupée à regarder ce qui se passait dans la ruelle. Le leader tourna la tête dans sa direction, elle eut l’impression qu’il la regardait. C’était impossible, elle était bien trop loin pour qu’il l’ait remarqué, pensa t-elle.
C’est à ce moment là que le leader émit un son strident et les trois autres disparurent dans la nuit en un éclair. Elle se demanda alors si elle les avait rêvé. Elle se dit qu’elle devrait
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les créatures de la nuit

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Nicolas SORANZO