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Chapitre 1

Emélys rajouta une énième baie juteuse à son panier. Cela faisait bien peu un seul récipient rempli et à peine la moitié d'un autre. On sentait tout de suite que l'Amor approchait. Des trois saisons, l'Amor était celle qu'Emélys détestait le plus. En effet, il y faisait froid et la neige, abondante, gelait tout ce qu'il restait des pauvres réserves paysannes. De plus, les arbres et arbrisseaux ne donnaient presque plus de fruits. La jeune fille emmitouflée dans sa première cape de la saison se retourna vers son frère ainé :

- El, nous ne trouverons rien de plus. Allons-nous en avant que les gardes nous attrapent.
- Tu as raison. Suis moi.

Eliott ramassa son panier à demi rempli et se dirigea, Emélys à sa suite, vers leur maison. En cette fin d'Acto, les sentiers battus étaient plus que boueux, et l'eau abondante noyait les champs. En coupant à travers les cultures, ils s'assureraient un retour rapide mais aussi une séance de lavage à la maison. Ils s'aventuraient de plus en plus loin dans les terres royales, bravant à chaque fois l'interdiction, et la mort imminente qui pouvait s'en suivre. Les champs de l'Ivda appartenaient au seigneur d'Esquo ainsi que toutes les bêtes et toutes les récoltes. Pourtant la famille Bratélie n'en avait que faire et y volait toutes les semaines du petit gibier et deux ou trois paniers de baies,. Ils n'étaient pas si pauvres, mais ils étaient tisserands et il gagnaient de leurs ventes. Hélas la plupart de l'argent passait en impôt et presque tout le reste en dépense pour s'acheter du tissu, bien plus important que de la nourriture. Ils auraient fait autrement s'il n'avait pas pu voler. Ils auraient fait un compromis entre tissus, laine et nourriture. Autre chose qui les aidait bien, ils n'avaient absolument pas l'air miséreux, car les chutes de tissus non-utilisées, légèrement pliées ou froissées leurs servaient de vêtements. Et ces chutes étaient la plupart du temps nombreuses, leurs permettant une grande variété de tenues.

Après une bonne demi-heure de marche, ils arrivèrent chez eux. Couverts de boue, ils entrèrent sans frapper attendant la réprimande, concernant soit la récolte soit leurs vêtements. En effet celle-ci arriva plus vite que prévu.





- Eliott, Emélys ! Regardez vos vêtements ! Ta robe en lin Emy ! Et tes belles bottes Eliott ! Allez laver ça tout de suite ! Et ne passez pas par la maison ! Faîtes le tour ! Allez ! Hop ! Plus vite que ça !

Les deux jeunes posèrent leur maigre récolte au sol et coururent derrière la maison. Emélys retira sa cape et son pardessus en lin ne laissant que sa robe fine puis ouvrit le robinet. L'eau glacée se déversa dans un bassine qu'elle remplaça bien vite par une autre, celle-ci pour son grand-frère. Tandis que ce dernier retirait ses bottes et son bas le laissant en tunique, Emélys plongea ses affaires dans la première bassine et les aspergea de savon. Relevant ses manches, elle commença à frotter. Son frère à côté fit la même chose, mais ni l'un ni l'autre ne parla. Il se contentèrent de nettoyer. Le froid, omniprésent, leur tordaient le visage en expression de souffrance. La température ne devait pas être supérieur à 5°C mais se plaindre n'avait jamais été dans leurs habitudes. Quand ils eurent fini, Eliott dit quand même :

- On s'y attendait. Je me demande pourquoi on passe toujours à travers champs.
- Parce qu'on est flemmard, El !
- J'avais oublié. C'est vrai.

S'échangeant un regard complice ils sourirent et entrèrent ensemble dans la maisonnette.

- Emy, Eliott ! Allez vous changer puis venez dans la cuisine s'il vous plaît.

La maison des tisserands était une chaumière. Le toit fabriqué en paille séchée, superposée sur plusieurs couches. Les murs de pierres grises mesuraient un bon mètre d'épaisseur et semblaient très vieux. Trois fenêtres, deux devant, une derrière et deux portes, une sur le mur de gauche et une sur le devant donnant sur la place du village, servaient d'ouverture. Adossée au mur droit se situait l'échoppe avec les métiers à tisser, ainsi que le matériel de couture à main. La maison en elle-même comportait trois pièces : la chambre, où tout le monde dormait, la salle de bain, contenant deux robinets et une grande bassine, et enfin la cuisine, servant aussi de pièce de vie. C'était la maison basique donnée par le seigneur. Elle avait l'eau courante, gratuite et bien sûr potable ainsi qu'une cheminée en pierre, pour cuire et se chauffer. Les deux jeunes allèrent dans la chambre et prirent des vêtements secs.

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L'histoire du Nédo

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Nicolas SORANZO