Présentation du livre

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Le moteur ronronais doucement à l'avant et la pluie s'abattait avec violence sur le véhicule. La voiture continuait son ascension vers Rouillon. J'hochais pensivement la tête et la tournais ensuite vers l'extérieur. Les yeux embuhés de larmes, je soupirais.
Jean tourna furtivement la tête vers moi:
-Quelque chose ne va pas, chérie?
Entendre le grain de sa voix me fit sangloter.
-Papa! Tu me demandes si quelque chose ne va pas alors que je ne te verrais à peine une fois par an? Alors oui, effectivement, quelque chose ne va pas! m'emportais-je.
Il rit doucement.
-Melle, tu sais bien que le travail m'y oblige! Depuis le divorce, chaque fois que j'ai ta garde, je suis en déplacement! Ça devenait impossible! Ta mère sera heureuse de t'avoir tout le temps sous son toit!
Il tourna la tête vers moi et je détournais les yeux. Je fixais la route.
Un camion de livraison était arrêté au milieu de la chaussée. Soudain, je réalisais que nous foncions droit sur lui.
J'hurlais:
-Papa!!! Regarde devant! Freine, freine!
Jean tourna la tête et sa bouche eut une grimace. Il appuya férocement sur le frein.
-Je t'aime, murmura-t-il à mon intention.
-Non papa, nous ne mourrons pas.
Je savais cependant que le destin me réservait une issue funeste. Nous percutâmes le poids-lourd de plein fouet et j'hurlais.
Ma tête heurta le tableau de bord et le sang perla sur mon visage et mes cheveux. La ceinture de sécurité s'enfonçait dans mes côtes et mon ventre. Mes paupières étaient lourdes et mon coeur battait à tout rompre. J'étais au bord de l'évanouissement mais je luttais contre le noir qui m'emportait. La douleur m'arrachait des hurlements et j'eus un instant l'envie de mourir, de tout lâcher. Je voulus ouvrir la portière mais elle était bloquée, et, dans la précipitation j'avais ouvert involontairement ma valise. Mon cerveau n'eut pas le temps de réagir et j'agis à l'instin. J'enfonçais violemment mon épaule dans la porte. Un hématome colora mon corps meurtri et je grimaçais. Je passais par la seule issue qui s'offrait à moi, et, le sang battant dans mes tempes, je tombais sur la route humide.
Je me relevais doucement, les jambes tremblantes et je courus, en proie à une douleur cuisante vers la bande d'arrêt d'urgence.
Je soupirais, d'un soupir faible et inaudible, et je je m'étendais sur le sol. La voiture s'enflama.
*
J'ouvrais soudainement les yeux et poussais un soupir de soulagement en retrouvant ma chambre. J'étais sortie, une fois encore, de cet affreux souvenir. Le même depuis 3 mois, le mème depuis la mort de mon père. Chaque nuit, sans exception,c souvenir troublant venait submérger mes rêves. Peut-être que vivre avec une mort sur la conscience était tout bonnement impossible, innenvisageable. Un autre soupire me submergea. Le suicide devait être une possibilité... du moins , en ce moment . Je pensais quand bien même que rien ne pourrai jamais purger ma peine. En tout cas pas celle-ci.
- Mélanie,puce, tu es réveillée ?
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Nicolas SORANZO