Présentation du livre

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Le bébé vagissait en tendant les bras vers une silhouette inexistante. Sur le droit, une inscription avait été tatouée : Andaria. Un lieu ? Un prénom ? Une énigme. Un bébé abandonné devant la porte de la maison-mère des Enchanteurs, comme une offrande aux dieux.
La gamine de huit ans observait les enfants de son âge manier le sabre de bois sous l’œil attentif des deux entraîneurs, Alban et Servane. Une main se posa doucement sur son épaule avec la légèreté d’un papillon. Daria sourit et leva les yeux vers Gwladys, la jardinière.

- Allez hop ! On retourne au travail, jeune fille !

Les épaules de Daria s’affaissèrent brusquement avec déception et une grimace s’afficha sur ses lèvres. Elle serait bien restée là à regarder des heures durant ses camarades accomplir ce pourquoi elle n’avait malheureusement aucun talent.

Maladroite et fragile, jamais la gamine ne pourrait se battre et, même si elle le pouvait, elle ne serait qu’un fardeau pour les autres. Elle haïssait sa constitution trop peu robuste qui l’obligeait à passer ses hivers au fond d’un lit à l’infirmerie et qui l’empêchait de porter des choses trop lourdes au risque de se démettre une épaule. Les jeunes Enchanteurs de son âge se moquaient de sa silhouette longiligne, de sa maigreur et de sa pâleur maladive. Elle faisait pourtant partie de ces personnes indispensables qui forment la base de la communauté et secondait à tour de rôle l’infirmière, la cuisinière et la jardinière.

Elle cligna lentement des yeux et suivit Gwladys en soupirant. Les différents métiers dont elle apprenait les secrets au sein de la communauté lui apportaient essentiellement des connaissances intellectuelles et non physiques. Elle enviait la force et l’agilité de ses camarades et plus particulièrement de Tania, la jeune apprentie mercenaire qui partageait sa chambre avec elle. Cette dernière possédait toutes les qualités que Daria aurait aimé avoir : la beauté, la puissance et le charisme, en plus d’être douée dans tout ce qu’elle entreprenait. Même si les garçons étaient meilleurs qu’elle, Daria ne leur prêtait aucune attention, pour elle ils étaient suffisants et égoïstes. Tania, elle, aimait entendre Daria le soir lui parler des plantes, des recettes et des médicaments, des choses qu’elle ne pourrait jamais connaître elle-même, mais n’allait pas jusqu’à lui envier sa place. Elle était uniquement curieuse de savoir à quoi ressemblaient les autres rôles de la communauté.

Daria porta ses yeux marron sur l’uniforme gris qu’elle revêtait chaque jour pour la distinguer des autres enfants de son âge. Une grimace de dégoût se forma sur ses lèvres : ce costume montrait au monde entier son échec physique. Elle aurait pourtant du tirer de la satisfaction à être la seule enfant déjà indispensable et intouchable. Quand les autres devraient partir au combat et y mourir, elle resterait en arrière à n’être possédée d’aucune peur. Mais aussi à ne pas connaître la fièvre guerrière qui échauffe tant les esprits et les coeurs, les faisant accomplir des actes de bravoures héroïques.
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La clef d'Andaria

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Nicolas SORANZO