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Le Flambeau de Vérité

Prologue - Blessures de guerre



L'hiver.

Il faisait froid. L'air était chargé de flocons de neige, et personne ne se risquait à sortir de chez soi. Le ciel était brouillé par toutes ces particules virevoltantes. Les habitations étaient entièrement recouvertes de l’épaisse toison blanche; de loin, un étranger aurait pu passer à côté du bourg sans qu'il remarque son existence. Le village se fondait entièrement dans le paysage.
Vêtu d'un grand manteau en fourrure d’ours – si grand qu'il lui arrivait jusqu'aux mollets – un homme foula, de ses bottes cloutées, le sol recouvert de neige et de glace mêlées. Il grelottait malgré l’épaisseur de son manteau et la chaleur que celui-ci pouvait lui procurer. A vrai dire, l'hiver était très rigoureux. D’ailleurs, c'était l'un des plus remarquables en ces lieux, et un tel évènement n’avait pas eu lieu depuis des temps ancestraux.
Oui, l'hiver était finalement arrivé. Et si l'homme grelottait, ce n'était peut-être pas seulement à cause du froid qui régnait dehors; peut-être était-ce dû aussi aux nombreux combats auxquels il avait participé, et qui avaient fait de lui un homme respecté. Sans doute était-ce cela qui avait ruiné sa santé. Fort heureusement pour lui, les combats avaient cessé quelques années plus tôt, et un semblant de paix avait réapparu. Le vétéran avait l'air abattu, on
pouvait deviner qu'il ne pouvait plus supporter une seule bataille; il avait dû subir trop de blessures... Ou alors… peut-être était-ce une seule et unique blessure, mais d'un autre genre.

L'homme continua de marcher péniblement au milieu du village, puis il s'arrêta face à une maison; et il reprit sa route, sans doute parce qu'il n'arrivait pas à différencier les maisons de loin. Et il s'arrêta de nouveau. Pour encore reprendre sa route. Et encore, et encore... Jusqu'à ce qu'il s'arrête définitivement devant une habitation, plus petite que les autres. Il esquissa un sourire et monta les marches de pierre gelée qui bordaient la porte. Il frappa à celle-ci, et un homme l’ouvrit.
Il avait le visage fin, de longs cheveux châtains et une barbe datant de quelques jours. Mais le plus frappant, c’étaient ses yeux – ou plutôt son unique œil de couleur noire. En effet, l’humain portait un bandeau qui cachait son œil droit. Sans doute avait-il été lui aussi victime de la guerre. De forme svelte et d’une grande taille, l’habitant était vêtu d’une robe en fourrure de loup. Reconnaissant le guerrier qui attendait sur le seuil, il le laissa entrer.
Une fois à l'intérieur, les deux adultes se fixèrent du regard, sans bouger et sans rien dire. Aucun d’entre eux n’arrivait à faire le premier pas. Ce n'est qu'au bout de quelques minutes que le propriétaire des lieux décida de faire
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