Présentation du livre

Note : etoilesetoilesetoilesetoilesetoiles

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Je ne sais pas comment j’ai fait. Comment j’ai fait pour traîner mon être dans la poussière, détruire en une fraction de seconde tout ce qui faisait ma fierté. Je me roule dans mes draps en essayant d’y sentir ton odeur, mes doigts se resserrent doucement sur cette main invisible qui a souvent été là dans les moments difficile, et je pense, pense encore et encore, comme si c’était tout ce qu'il me restait. Il y a comme un poids énorme qui s’enfonce là, en moi, comme une lame glacée qui me lacère de l’intérieur. Je prends une grande inspiration, referme mes paupières sur ces larmes brûlantes, et laisse la rage crisper toutes mes articulations, soulever ma poitrine comme des spasmes, resserrer mes dents amèrement. Je hais cette personne, celle que j’ai été pendant un instant, qui m’a tout fait perdre et qui maintenant ricane à mes oreilles. J’ai violé mes principes, souillé mes valeurs pour quelques minutes d’apaisement, si futiles… J’enfonce ma tête dans mon oreiller, une musique incessante résonne dans mon crâne, m’empêche d’oublier. Te souviens-tu ? Tu avais pris ma main, j’avais senti ton souffle chaud glisser contre la peau de mon cou, avant de t’entendre me chuchoter « Je ne te lâcherais plus jamais. »
Cette phrase, que j’ai crue dès la seconde où tu l’as prononcée, qui est restée en moi comme une évidence, comme une entrée de lumière quand tout deviens sombre. Et en lançant un regard implorant vers le ciel, je pince les lèvres en priant désespérément pourimageimage
qu’elle continue d’exister, pour que mes fautes ne m’enlèvent pas ce qui me fait respirer. Hais-moi, frappe moi, mords-moi, torture-moi, écrabouille moi jusqu'à que je ne sois plus qu’une miette ; mais, quoi qu’il arrive, souviens toi de cette promesse. Oui, les gens font des erreurs. Il arrive parfois que contre tout attente, on commette l’impardonnable, que tout s’effondre et qu’un voile hideux nous empêche soudain de voir la vie telle qu’elle est. Dans ces moments-là, est-ce possible que quelqu’un nous aide à garder la tête hors de l’eau ? Qu’une personne quelque part continue de nous aimer pour ce qui est enfouis en nous et continue de nous maintenir en vie malgré tout ce qu’on peut dire, faire, penser. « Je ne te lâcherais plus jamais. » Ta voix semble si douce, si lointaine.
Le vent s’infiltre délicatement par la fenêtre, je le sens soulever une mèche de mes cheveux. Le silence, froid, dur, semble me crier lui aussi, à quel point je suis détestable. J’ai passé tant d’heure dans tes bras ici, et je crève en pensant que tout ça est… Définitivement fini ? Je pue la lâcheté, le mensonge, la médiocrité. J’ai une grimace de dégoût, et je me recroqueville lentement sur moi-même, sans quitter cette photo du regard. J’observe cette lueur d’amour dans tes yeux, et je la bois, je m’en imprègne, pour essayer de revivre ces moments, quand tout était si simple. J’ai un frisson qui parcourt tout mon corps ; puis un cri. Long, ma voix s’éraille sur la fin, ma gorge me brûle
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Adieu

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Nicolas SORANZO