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Single for Twenty Years



Un soir, Edouard se dit qu'il en avait marre à se torturer pour rien. Une longue torture, non permanente, mais qui faisait atrocement mal quand on y pensait. Enfin, n'exagérons rien. Ce n'était pas une torture physique, loin de là, mais plutôt une torture mentale. De quoi s'agissait-il ? Edouard était-il la cible de railleries, de moqueries ou de ragots ? Il fut un temps où il l'était, où des propos blessants cimentaient une torture, capable de durer deux bonnes heures, chaque jour. Mais ce temps est révolu. L'enseignement supérieur était bel et bien terminé depuis quelques mois; certes, si cela faisait de la peine de ne plus voir ses amis de lycée, son esprit était soulagé d ne plus voir ni d'entendre les personnes qui lui avaient longtemps entamé son moral.

Mais alors, pourquoi parler de torture alors que plus rien ne semblait le faire souffrir ? Quel autre problème important pouvait être dénommé "torture" ? Et surtout, qui était la cause de ces maux ? A cette dernière question, Edouard aurait répondu : "Tout le monde. A commencer par moi". Quant à la première question, la réponse était simple : il lui manquait l'amour.
Oh, pas de grande inquiétude en vérité. Edouard était naturellement aimé de ses deux parents, même si enfant, il disait parfois "personne ne m'aime", suites à de longues réprimandes. Ça, des
fessées - et plus singulièrement des coups de poing - il en avait reçu quand il était petit, plus qu'il n'en aurait mérité. Trop même, comparé à son frère dont l'enfance avait été plus sage. "C'est pour ton bien", expliquaient les parents. A bien y réfléchir, cette phrase est un non-sens : si les enfants continuent inconsciemment de faire des bêtises, après avoir été puni par la violence physique, c'est bien parce que cette méthode ne fonctionne pas tant que ça.

Pour en revenir à l'amour, Edouard ne pouvait pas se plaindre de ce sentiment vis-à-vis de ses parents; ceux-ci l'aimaient, simplement les brimades effectuées par son père lui avaient fait croire chaque jour un peu plus qu'il n'était pas le bienvenu dans la famille. A enchaîner bêtise sur bêtise, on subit les foudres du père. Etonnamment, les parents sont susceptibles de s'étonner eux-mêmes que leur enfant manque de confiance en soi. Evidemment, à mesure de punitions, on croit n'être bon en rien et pour rien. Il était arrivé à Edouard de penser qu'il n'aurait pas dû naître, de regretter amèrement son existence minable et pathétique.

Si Edouard bénéficiait quand même de l'amour de sa famille, il n'en était pas de même sur le plan sentimental. En effet, il n'était pas le genre de garçon qui draguait les filles. Au contraire, il était très passif dans ce domaine. Il ne voulait
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Un autre pas plus près de toi (1) - Single for twenty years

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Nicolas SORANZO