Le soleil inonde de tâches claires la grande étendue verte devant la terrasse où sont attablées plusieurs personnes. Les conversations sont étouffées, seuls les rires et les courses de deux jeunes enfants brisent légèrement cette quiétude estivale.
« Louis, Marie, faites attention ! » l’avertissement de la jeune mère arrive trop tard, ils n’ont pu éviter la table basse sur laquelle repose un seau où une bouteille de champagne refroidit. La table se renverse, la bouteille roule au sol tandis que le seau répand ses glaçons sur les jambes d’une jeune fille assise face à un couple. Elle sursaute et regarde effarée ses jambes, le couple s’est levé brusquement et la femme vient vers elle « Ma chérie, n’ais pas peur », deux infirmières accourent pour remédier au désordre qui s’instaure parmi les pensionnaires.
« Maman » elle a reconnu la femme penchée sur elle, ses lèvres articulent les deux syllabes avec tendresse « Maman ». Des sanglots sont la réponse de sa mère qui l’étreint farouchement « Ma petite fille, ma chérie », son père est près d’elles et les enlace toutes deux.
Une des infirmières les rejoint « Nous allons la conduire dans sa chambre, vous pourriez venir vers nous ». Dans la chambre, l’infirmière les laisse en précisant « Je vais chercher le docteur Mérand ! ». La jeune fille est assise dans son fauteuil, sa mère et son père lui tenant chacun une main. Elle ne cesse de répéter « Maman, Papa » et ils ne cachent pas leurs larmes.
Le médecin est venu en
toute hâte, il s’est réjoui avec le couple « La mémoire semble lui revenir, du moins une partie, puisqu’elle vous a reconnus. Gardez espoir, elle est sur la bonne voie ! ».
Le dîner a été servi dans sa chambre, et à la nuit tombante ses parents l’ont quittée après l’avoir couverte de baisers. Elle ressentait leur intense émotion, elle-même était fort troublée.

Couchée dans son lit, elle garde les yeux grands ouverts, fixant la fenêtre dont elle a refusé que soit tiré le rideau opaque. La nuit n’est sombre, les arbres du parc se détachent nettement dans ce paysage largement éclairé par la lune. Des pensées confuses se bousculent, peu à peu dans le silence nocturne, elle retrouve des images, des souvenirs.
« Mon nom est Solange Dupin, je suis dans cette maison de convalescence après un grave accident. Ce sont mes parents qui étaient près de moi, tout à l’heure », cette même pensée tourne et tourne dans sa tête. Une autre vision se dessine « J’habite avec eux et je termine des études d’Art, c’est une grande maison à Neuilly, ma chambre est à l’étage ». Son regard erre par la fenêtre, un soupir « Le jardin de Neuilly, le rosier qui sent si bon, mon chien, quel est son nom ? ». Sourcils froncés, elle se concentre sur cette question «Quel est le nom de mon chien ? », et un petit cri « Spok », elle est rassérénée et répète plusieurs fois « Spok »
« Cet accident, je n’ai aucun souvenir ! Maman a dit que c’était dans la montagne, elle n’a pas voulu me raconter cette
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Le trésor du Loup-Garou

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Nicolas SORANZO