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La Cité

I:L'instinct et l'Etat

Pour comprendre l'homme doit-on prendre l'ensemble de ses actions, pensées et les analyser par elle-mêmes, ou bien peut-on tout faire découler d'une même et unique idée, fondatrice? Après toute réflexion, il ne semble exister qu'un seul principe, qui n'en est d'ailleurs pas vraiment un. Pour que la vie soit elle doit se reproduire. Si elle ne le pouvait, il n'y aurait que matière inerte en ce monde. De ce fait, la reproduction n'est pas quelque chose à admettre, elle s'impose à nous. Elle est alors l'instinct nécessairement premier, qu'il se trouve au niveau de la respiration, de la nourriture, de l'acte sexuel, celui que l'homme ne peut nier. Ainsi tous ces actes se font en accord avec celui-ci, et si erreur il y a, il devra la corriger sous peine de se nuire gravement voir de disparaître -par exemple s'il retient son souffle il met sa vie en danger et doit reprendre sa respiration dans les plus brefs délais-. La reproduction est en quelque-sorte notre maître, qui sait se faire plus ou moins discrêt selon les circonstances, mais qui partout se trouve à nos côtés.
Mais la reproduction suppose une condition: que la descendance puisse survivre dans le milieu; il ne suffit pas que le rejeton voit la lumière du jour, encore faut-il qu'il puisse s'y développer. L'instinct sexuel a sa réponse à ce problème, l'animal cherchera à se reproduire non pas une seule fois, mais le plus souvent possible pour augmenter les probabilités d'avoir des enfants capables de s'insérer dans la nature. Ainsi forcemment, les mâles entreront en compétition pour les femelles limitées en nombre, et de la nécessité de la reproduction naîtra la volonté de puissance afin de s'imposer sur l'autre, le dominer et s'emparer de la ou des femelles. Ces dernières, cherchant aussi la meilleure descendance possible, ne s'offriront qu'aux meilleurs, et c'est ainsi que se perpétue une espèce selon une sélection par la puissance.
Ces côtés primitifs et brutaux sont absents chez nos sociétés humaines, mais pour que l''homme survive, ils doivent nécessairement être présents d''une façon ou d''une autre, car l''instinct consistant à nous faire rechercher le meilleur partenaire possible pour nous renouveler ne peut disparaître. Certes, la sélection naturelle n''a plus guère d''effets sur nous, mais ceci n''est pas chose acquise, les conditions matérielles propices à un épanouissement humain peuvent disparaître. En attendant, la volonté de puissance s''étiole -mais persiste- du fait que la seule obligation réside désormais dans l''acte reproductif, et non plus dans la sélection du meilleur.
La sexualité est donc la force première de l'homme, d'où nécessairement on y retrouvera l'origine de chaque action humaine, tant bien même que l'action lui soit la plus éloignée du monde. Nous pouvons alors montrer que les valeurs humaines découlent elles aussi de cet instinct libidinal.
Commençons notre analyse alors en analysant succintement la morale.
A l'origine de tous les principes humains se trouve la dualité Bien/Mal, celle-ci étant à la base de toute morale. Bien et Mal s'inscrivent directement dans la volonté de puissance de tout individu. Quelqu'un créant de la souffrance chez autrui sera dénomé méchant, et par opposition, la victime se taxera de gentille. Le Mal précède le Bien. Mais en rejetant ainsi le méchant dans une catégorie distincte de soi, on cherche à s'en protéger, on cherche à se conserver, c'est donc bien l'instinct reproductif qui est à la base de ce procédé: le gentil se protège, même d'une façon des plus symbolique du méchant dans son seul intérêt, pour sa puissance propre, même si celle-ci sera toute relative. Et à l'inverse, quelqu'un accomplissant une action bonne, c'est-à-dire augmentant la puissance d'un autre, sera qualifiée de gentille, et par là-même augmentera aussi sa puissance par la reconnaissance d'autrui.
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Nicolas SORANZO