Présentation du livre

Note : etoilesetoilesetoilesetoilesetoiles

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1

Claire se réveilla une perfusion dans le bras, la langue pâteuse, la mâchoire douloureuse. Aveuglée par une lueur elle bougea les yeux de gauche à droite. Des silhouettes lointaines apparurent. Celle d’un homme de grande taille, en blouse blanche, et de l’autre côté de la pièce, un homme, vêtu d’un costume était assis les bras croisés, face à une table.
La jeune femme était comme perdu, désorientée dans cette pièce étrangère. Comme une impression d’être prise au piège dans un espace clos. Une fenêtre, sans rideau, à sa droite lui donnée une vue sur des immeubles délabrés. Une mauvaise odeur régnait dans la chambre comme un produit ménager tel que du décapant.
- Elle revient à elle, prononça un homme.
Claire avait mal partout. Elle sentit des palpitations de douleur, presque intenable montées à la hauteur de son crane. Lentement elle essaya de lever son bras mais en vain. La fatigue fut trop forte. Un médecin s’approcha :
- Comment allez-vous ? demanda-t-il en examinant la patiente.
Claire tourna la tête en direction de son interlocuteur et répondit d’une petite voix.
- J’ai connu mieux. Comment suis-je arrivée là ? Que s’est-il passé?
- Vous êtes à l’hôpital, madame. Vous avez eu un accident avec un choc assez violent. Pour être précis un traumatisme crânien. Mais ne vous inquiétez pas rien de grave, dans quelques jours vos douleurs ne seront plus qu’un lointain souvenir.
Une infirmière entra dans la chambre et planta une aiguille dans le raccord de la perfusion. Le liquide coula à allure lente dans les veines, un calmant.
- Excusez-moi mais je dois vous faussez compagnie, j’ai un autre patient qui m’attend. Je reviendrai vous voir plus tard dans la soirée.
- Très bien, je vous remercie.
En partant le docteur Chandler, nom inscrit sur son badge, glissa le dossier au pied du lit, dans l’espace dédié à cet effet et ferma la porte. Le deuxième inconnu attendait impatiemment sur une chaise, il dévisagea Claire pendant quelques minutes avant de se présenter.
- Madame Delorme, je suis désolé de vous importuner. Je suis le lieutenant Disher et j’enquête actuellement sur un meurtre.
L’inspecteur sortit son carnet avec un dossier vert. A l’intérieur, plusieurs clichés. A en juger par la taille on dirait qu’il s’agit de photos prise sur une scène de crime.
- En quoi puis-je vous aider ?
Le lieutenant lui tendit un cliché. Quelle horreur ! Le corps d’un homme maculé de sang avec une balle dans l’abdomen.
Stupéfaite, Claire repris son souffle, rendit la photographie à l’inspecteur et balbutia.
- Qui a fait ça ?
Le flic se passa la main dans le coup et hésita à répondre, comme si ses paroles étaient difficile à lâcher et finit par dire :
- Je pense que c’est vous.

2
Cela faisait trente minutes que l’inspecteur était parti, et Claire fut encore choquée. Elle n’avait pas su se défendre face aux accusations de Monsieur Disher. A cette instant elle eu l’impression d’être en haut d’une pente et de sauter dans le vide. L’atterrissage fut tellement dur qu’elle se crut dans un rêve. Plein de questions lui traversa l’esprit. Pourquoi suis-je accuser ? Comment j’ai eu cet accident ? Pourquoi ai-je perdu la mémoire ? Elle voulu se lever de son lit mais le calmant que lui a injecté l’infirmière à rendu ces membres dur comme du béton. En début de soirée Claire prit son portable sur la table de chevet afin de se prendre en photo. « Mon visage est dans un sal état. J’ai les traits du visage très tirés, je parais dix ans de plus. Et cette bosse, quelle douleur ». Lors de sa seconde visite le médecin lui à annoncé des bonnes nouvelles. Tous ces signes vitaux sont correctes et les examens d’urgences qu’elle a effectués à son arrivé, ne décèlent rien d’anormal. Juste quelques hématomes bénins. Concernant sa mémoire, elle se rappela les paroles rassurantes du docteur :
- Vous faites ce qu’on appelle une amnésie partielle. Ca arrive fréquemment lors d’un choc violent.
- Comment faire pour retrouver ma mémoire ?
- Aller dans les endroits familiers, continuer vos habitudes. Parfois ça peut prendre du temps mais au fur et à mesure, vos heures perdus vous reviendront. Je reviendrais vous voir demain avant votre sortie.
Claire se mit la tête dans les mains. Désespérée, c’est le mot qu’elle cherchait dans sa situation. C’est une femme désespérée pour une situation désespérée. Comment faire pour s’en sortir ? « Me battre, je vais me battre. Je vais sortir demain matin comme prévu, je vais retrouver la mémoire et mener mon enquête. »
A cet instant son visage se durcit. Peu à peu elle reprit son contrôle. « Je suis prête à tout pour sauver ma peau ».


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3

Le lendemain matin, le temps ensoleillé et doux prévoyait une belle journée. Le lieutenant attendait son collègue pour faire le point sur l’affaire. Il était neuf heures. Le bureau de Disher se situé à l’extrémité de l’entrée du commissariat. Un endroit assez calme pour faire une petite sieste. Disher enleva sa veste et l’accrocha au porte manteau situé à proximité de son bureau. Puis, assis derrière son ordinateur, il repensa à son principal suspect. Il s’installa confortablement dans son fauteuil, mit ses bras derrière sa nuque et ferma les yeux.
Le regard bleu azur de Madame Delorme l’avait perturbé. Ses cheveux dorés, la finesse de son visage. Une belle femme. En vingt ans de carrière, il commençait à connaitre les affaires par cœur, le plus souvent le suspect dans une enquête comme celle-ci est vite appréhendé, mais cette fois-ci ce fut différent. Son impression changea sans qu’il ne put l’expliqué. Son ex-femme lui disait toujours tu prends tes affaires trop à cœur et cela fausse ton jugement. A cette époque là il avait été assez stupide pour la laisser partir. Le problème principal était qu’il ne voulait pas d’enfant mais sa femme, en désirait plus que tout. Jamais il n’a osé lui dire la vérité. A chaque fois que sa femme abordait le sujet il prétendait toujours : c’est trop tôt je ne me sens pas prés, puis je passe beaucoup le temps au boulot et je veux être la pour lui. Il faut attendre un peu. Mais il n’en était rien. Un prétexte de plus pour fuir la réalité. Mais aujourd’hui il regrettait, la solitude le pesait. Sa femme à demandé le divorce quand ils habitaient encore à Marseille. Ca remonte à cinq ans. Ensuite, Disher grâce à sa persévérance et son expérience fut muté à Paris en tant que lieutenant.
- Ben alors, on dort ! s’exclama Andy en ouvrant la porte.
De corpulence plaisante et de taille moyenne, Andy Menard était le dragueur de ces dames. Malgré sa quarantaine d’années, Andy a su garder son sourire ravageur et ses yeux de couleur noisette, lui donné un certain charme.
Disher fit un bond et se redressa, l’air hébété, de son siège.
- Non je me relaxé en t’attendant c’est tout ! Je vois que, comme d’habitude, tu es en retard.
- Hé oui mon p’tit tom, on ne change pas les bonnes habitudes.
Menard prit une chaise et s’assit en face du bureau.
- Alors qu’est qu’on a ?
Disher passa le dossier à son interlocuteur qui examina attentivement les photos.
- La victime est un homme de trente cinq ans, directeur d’une grande entreprise de transport, casier vierge. Le légiste estime l’heure de la mort entre 18 heures et 19 heures. Tué par arme à feux d’une balle logée dans l’abdomen.
- Nous avons un témoin ? Un indice ?
- Une certaine Madame Dubernat à téléphoné aujourd’hui à 19h30. Apparemment elle aurait des indices à nous communiquer sur le meurtre. Elle dit qu’elle a aperçut le visage de notre meurtrier.
- C’est une excellente piste. A quelle heure est-elle convoquée ?
- Dix heures.
Menard pris d’un frisson se leva pour aller se loger prés du radiateur. En cette période d’hiver la température est assez basse surtout la matinée. Il resta debout.
- OK, je me charge de l’interroger, reprit-il.
- Très bien. Il y aussi une femme qui connaissait la victime, Madame Delorme.
- Intéressant. Tu l’as convoquée ?
- Le labo a retrouvé ces empreintes sur l’arme du crime, mais ca va être dur d’avoir le fin mot de l’histoire.
- Ah bon, pourquoi ?
- Elle est à l’hôpital.
- Et alors ?
Disher se frotta le visage avant de répondre.
- Elle a eu un choc violent à la tête ce qui à provoquer une amnésie partielle.
- C’est pas bon pour elle ça, rétorqua Menard.
- Pour l’instant nous sommes confrontés à deux hypothèse ; soit Madame Delorme à été témoin de quelque chose et le meurtrier a voulu l’exécuter, soit c’est elle qui l’a tué et elle s’est infligée un choc violant pour se disculper.
Disher se leva, passa devant son bureau les bras croisés, et soucieux se mit à faire les cents pas.
- Oui, tu as raison. Je pense la même chose. En tout cas, ses empreintes ont été retrouvées sur l’arme du crime.
- En général Disher quand l’arme du crime est retrouvé sur les lieux…
Disher le coupa.
- …, nous n’avons pas à faire à un professionnel.
- Tu vas aller la cueillir ?
- Non elle sort ce matin mais sa mémoire n’est pas revenue. Lui parlait ne servira à rien.
- On fait quoi avec elle?
- Pour le moment, on attend.


4

D’origine parisienne Nadia Dubernat consacra sa vie aux autres. Depuis trois ans, membre d’une association pour les personnes démunis, elle passait tous ces après-midis à apporter son aide et son soutien moral aux réfugiés. Et tout ça bénévolement. Pendant son temps libre elle se baladait. Il y a tant de chose à voir dans cette ville. Le château de Versailles, le musée Grévin, la tour Eiffel, le Louvres, la tour Montparnasse et tant d’autres. Nadia aimait beaucoup Paris, réputée pour sa tranquillité. Pourtant pour la première fois de sa vie, Nadia fut confrontée au pire, hier soir. Quand elle avait composé le numéro du commissariat la veille, le brigadier lui ordonna de venir ce matin.
Pour être certaine de ne pas louper le rendez-vous, elle se leva vers sept heures, puis elle prit le temps de ranger sa cuisine et sa salle de bain, avant de s’occuper d’elle. Une fois le rangement finit, elle décida pour faire bonne impression lors de l’audition, qu’elle porterait son pantalon de ville noir ainsi qu’une chemisette blanche. Elle regarda sa montre, mit son manteau en acrylique et s’empressa de se rendre au commissariat.

A cette heure-ci le commissariat n’accueillait pas grand monde. Nadia patienta quelques minutes avant de rencontrer le lieutenant.
- Madame Dubernat, je vous en prie.
Disher montra le chemin de son bureau en dirigeant son bras vers celui-ci.
Nadia entra dans une petite pièce dont les éléments furent bien dispersés. Un long bureau se trouvé au fond de la pièce, accompagné d’un porte manteau à proximité suivi d’une table disposée en face de deux chaises. Disher prit place derrière son bureau et commença à tapoter sur son clavier et entra dans le vif du sujet.
- Madame Dubernat, je vous ai convoqué suite à votre appel d’hier soir.
- Oui, je pense que je peux vous fournir des informations qui peuvent être importantes.
- Allez-y, je vous écoute.
- Je me trouvais sur la plage. J’y vais une fois par semaine. Je m’étais assise sur un banc pour profiter du bruit des vagues quand j’ai décidé d’utiliser le trombinoscope…
Disher la coupa, et demanda d’un air interloqué :
- Vous avez assisté au meurtre avec un trombinoscope ?
- Oui. Ca peut paraitre bizarre mais sur la plage se trouve un trombinoscope mis à la disposition des passants pour regarder la mer ou même en soirée les étoiles ou peut importe. Et moi, hier soir j’ai voulu regarder les étoiles. Mais le trombinoscope était dans la mauvaise direction, j’ai voulu le mettre en direction de la plage mais je n’ai pas réussi. J’ai seulement pu tourner le trombinoscope de quelque fenêtre, car celui-ci était dirigé vers des immeubles. C’est à ce moment là que j’ai vu deux hommes dans une pièce.
- Leurs comportements étaient-ils suspects ?
- Non du moins pas au début.
- Qu’avez-vous vu par la suite ?
Nadia se frotta les mains l’une contre l’autre.
- J’ai vu la victime et un homme se disputaient.
- Avez-vous vu l’homme de prés ?
- Non juste un aperçu si je puis dire. Il était plutôt grand, brun avec une moustache et un bouc. Je l’ai vu de profil.
- Pourriez-vous le reconnaitre ?
- Si je le vois de plus prés je pense que oui, mais il me sera impossible d’en faire le portrait.
- Très bien et ensuite ?
- L’homme s’est violemment mit en colère et à sortit une arme. A ce moment là, la victime a paniqué et s’est mit à reculer. C’est la que j’ai vu l’homme tombait à terre.
Tout en continuant à écrire la déposition de Madame Dubernat, Disher lui demanda :
- A-t-il prit quelque chose dans la pièce ? Paraissait-il paniqué ou sur de lui ?
- Il était paniqué car il a jeté son arme. Il allait sortir mais il est revenu ce caché dans le coin du bureau, juste à côté de la porte.
- - Il s’est caché ? demanda Disher étonné.
- Oui parce qu’une femme est entré en courant dans le bureau. Quand elle a vu le corps étendu par terre la jeune femme à paru horrifiée, apeurée. Elle à ramasser l’arme, puis la relâchée aussitôt. Et c’est la que l’homme s’est jeté sur elle, expliqua Madame Dubernat avec des gestes brouillons.
- Comment à réagi la jeune femme face à son agresseur ?
- Elle s’est retournée terrifiée devant l’homme. L’agresseur s’est approché et avant qu’elle n’est eu le temps de faire le moindre geste, le type l’a frappé d’un coup violent au visage, et la dame, avant de tombé à terre, à amortie sa chute sur le bureau.
- A ce moment là, quelle à été la réaction de l’agresseur ?
- Il a fait les cents pas dans le bureau pendant quelque minute puis il a prit la fuite en courant.
L’inspecteur sortit un cliché qu’il montra à son interlocuteur.
- La femme, c’est elle ?
- Oui c’est elle. J’en suis sure affirma Madame Dubernat avec insistance.
Afin d’identifier l’agresseur, Disher montra un classeur volumineux comprenant les fiches des suspects pendant plus d’une demi-heure. Madame Dubernat les regarda toutes avec attention et ne décela aucun profil correspondant à l’individu.
- Je n’ai plus de question, merci pour votre aide.
- Si vous avez une nouvelle fois besoin de mon aide je suis là, affirma Nadia au pas de la porte.
- Je vous remercie. Si un détail vous revient appelez-moi. Je vous laisse ma ligne directe.
Disher donna sa carte à Madame Dubernat qui l’à rangea aussitôt dans son sac.






5

Il était le seul à connaitre la vérité sur le meurtre commis hier soir. Les regrets ne servent à rien c’est fait. L’irréparable à été commis. Si cette femme ne m’avait dérangé… Jamais elle ne serait morte maintenant. Et puis les flics ne trouveront rien. J’ai fouillé de fond en comble la maison de ce pourri. La seule chose qui pourrait me faire tomber c’est l’ordinateur ou du moins son contenu mais c’est moi qui l’ai. Jamais on ne fera le rapprochement entre nous. Je regrette d’en être arrivé la mais c’est elle qui m’a forcée ! Elle m’a obligée ! Si elle ne m’avait pas trahi et humilié, je n’en serais pas là. Personne n’en serait là.


6

Claire attendait impatiemment dans sa chambre d’hôpital l’arrivée du médecin. Elle avait remis les affaires qu’elle portait la veille. Elle se sentait soulagée de sortir d’ici et angoissé de rentrer chez elle. Reprendre sa vie normale signifié faire face à la réalité des choses. Elle ne savait pas si elle avait la force de mener son combat à terme, sachant que sa mémoire l’a trahissait. De plus en plus impatiente, elle mit son manteau et prit son sac à main. Elle s’apprêta à quitter la pièce lorsque le médecin arriva.
- Désolé pour le retard Madame Delorme.
- C’est pas grave.
- Voilà ce que j’ai prévu pour vous. Tenez.
Il lui tendit une ordonnance.
- Prenez ce médicament une fois par jour, le soir avant de manger.
- Ce médicament va soulager mes douleurs ?
- Pas totalement. C’est surtout un relaxant qui vous aidera à bien dormir la nuit. Si vous voulez retrouver la mémoire, plus vous serez sereine mieux ce sera.
- Très bien.
- Pour les douleurs prenez du biprofenid deux fois par jour, cela devrez suffire. Au fait je vous ai appelé un taxi.
- C’est gentil merci.
Claire plia l’ordonnance et la rangea dans son sac.

Après avoir payé son séjour à la réception Claire s’assis sur un pilonne situé devant l’entrée de l’hôpital. Elle frissonna. Le temps n’était pas au beau fixe aujourd’hui. Gris, maussade et frais. Claire regarda sa montre. Le cadran indiquait onze heures. Si le médecin serait arrivé à l’heure, a cette heure-ci Claire serait déjà chez elle à se reposer. Au lieu de ça elle attendait un taxi. Super après tout elle n’avait rien d’autre à faire. Elle releva la tête et vit un taxi s’approchait. Sans laisser le temps au chauffeur de descendre du véhicule, Claire monta à l’intérieur de celui-ci. Le conducteur, étonné, se retourna et dévisagea sa cliente. Claire fit de même. Depuis qu’elle avait débarqué à Paris jamais elle n’avait eu la possibilité de croiser quelqu’un qui lui plaisait. Mais l’homme qui lui faisait face, elle ne l’oublierait pas de sitôt. Apparemment de grande taille, brun, les yeux bleus, le visage fin. En somme mignon.. Voyant le conducteur étonné de son comportement Claire prit la parole.
- Oh, excusez-moi. Je me suis installée précipitamment, mais j’en avais tellement marre d’être dans cet hôpital…
Elle marqua une pause.
- Je vous en prie. Il n’y a pas de mal, rétorque le chauffeur en souriant.
- Vous savez, si j’avais autant de cliente aussi charmante que vous qui se précipiterez dans mon taxi, je serais plus enclin à travailler reprit-il. C’est agréable.
- Vous êtes un charmeur, affirma-t-elle avec un sourire.
- Non juste sincère.
Le conducteur se tourna sur son siège.
- Quel direction prenez-vous ?
- Mon domicile. 14 avenue de l’océan.

Durant le trajet Claire fixa son regard sur la vitre passagère droite. Elle semblait ailleurs comme absorbait par un rêve. Elle repensa à son dernier souvenir. Elle quittait son bureau. C’était en fin d’après-midi mais il faisait déjà nuit. Elle conduisait sa voiture. Le lieutenant Disher lui a dit qu’il l’avait retrouvé prés du corps de la victime, pour Claire son client. Il sait passer quelque chose à cette entreprise. Ca c’est une certitude. Le fait de réfléchir à ce moment la rendait malade. Elle arrêta d’y penser.
- Vous avez eu un accident ?
La voix du chauffeur ramena Claire au moment présent.
- Heu… oui. Une voiture m’a heurtée. Il faisait noir le conducteur ne m’a pas vu, mentit Claire.
Dans un sens ce fut un faux mensonge, car elle avait bien été heurtée mais pas par une voiture.
- Les hôpitaux me rendent malade, pas vous ?
- Disons que c’est un endroit désagréable.
Le conducteur eu un rire.
- Oui on va dire ça comme ça.
- Je suis désolée. Je ne suis pas d’une bonne compagnie aujourd’hui.
- Y’a pas de soucis, je comprends.
- Dites comme on est bientôt arrivée, je peux vous poser une dernière question ?
Claire se redressa et regarda autour d’elle. Effectivement elle serait chez elle dans cinq minutes à peine. Elle voyait le portail de sa maison. Elle venait de passer le trajet à réfléchir sans même sans rendre compte.
- Oui allez-y, répondit-elle.
Le conducteur prix un air gêné.
- Voilà. Je vais être franc. Vous me plaisez beaucoup et j’aimerais vous revoir. Pensez-vous que ce soit possible ?
Il y eu un silence.
- Oui bien sur. J’en serais ravie.
Le taxi s’arrêta. Le conducteur pris un papier et inscrivit ses coordonnées.
- Tenez.
Claire saisit le bout de papier et le lu. Elle sortit de la monnaie qu’elle donna à son interlocuteur. Sortant du véhicule elle se dirigea sur le côté de la portière puis se pencha. Le conducteur lui faisait face d’un air curieux.
- Merci Daniel et à la prochaine.
Il y eu un silence.
Puis Claire adressa son plus beau sourire.
- Ah au fait ! Moi c’est Claire.


7

- Je sens que la journée va être longue !
Disher soupira et gara son véhicule au domicile de la victime, 12 avenue de beutre.
- J’me disais aussi ! Ton côté râleur avait disparu depuis quelques jours, je savais que ca ne pouvais pas durer ! C’est ta femme ? demanda Disher en riant.
Menard et Disher sortirent du véhicule et entrèrent dans la propriété de la victime quand celui-ci répondit.
- Elle me gonfle avec son rangement, c’est tous les jours la même chose. Ne mets pas ça là. Ne range pas en tas de merde. Bla bla bla bla bla.
Disher ne put se retenir de rire.
- Hé oui toute les même mon vieux ! s’exclama-t-il en tapotant son collègue à l’épaule.
Pour Disher, Menard et sa femme forme le couple parfait. Malgré son côté râleur et désordonné, Menard n’est surement pas un homme qui aime tenir un intérieur mais sa générosité et son attention envers sa femme sont exceptionnel. C’est sans doute pour cela que sa femme à accepté sa demande. Menard est formidable avec elle. Disher se rappela leur première rencontre. Une banque avait organisé un cocktail en l’honneur de la brigade. Leur système informatique avait été piraté alors la directrice pour remercier toute l’équipe du travail rendu, nous avait tous invités à un cocktail. Menard comme d’habitude râlé. Il n’aimait pas ce genre de soirées. Sauf que ce soir là, son avis à vite changé. Dès qu’Alice apparue devant lui avec un verre de champagne, vêtue d’une magnifique robe rouge Menard était immédiatement tombé sous son charme. Et voilà, quatre ans plus tard, ils sont mariés et vont avoir un enfant. La vie quoi.
- T’as vu le jardin ? demanda Menard en tournant sur lui-même. Il est magnifique.
- Oui. On peut dire que notre victime avait la main verte.
Disher passa les gants de protection à Menard. Tout en se dirigeant vers la porte d’entrée ils les enfilèrent.
- Allez go ! affirma Menard
Menard ouvrit la porte et s’engouffra dans l’entrée. Il avança de deux pas quand il vit l’effroyable désordre. Par méfiance il sortit son arme. Disher fit de même et indiqua par un geste de la main qu’il se chargeait de vérifier les pièces de droite. Menard et son collègue s’approchèrent des portes. Menard compta jusqu’à trois avec ces doigts. D’un geste brusque ils s’engouffrèrent dans les pièces. Puis firent de même pour toute la maison. Personne. Cela ne faisait aucun doute toute la maison avait été fouillé. Surement par l’agresseur. Tout en rangeant leurs armes respectives, Disher et Menard commencèrent la fouille par le salon. Tous les livres furent disposés par terre. Impossible de mettre le pied à même le sol.
- Notre individu à du passer un certain temps ici pour mettre un tel foutoir.
- Ouais, répondit Disher. Je comprends pourquoi ta femme insiste tant sur le rangement.
- Tu m’étonnes. Vous sous cet angle…
Durant plusieurs heures la fouille ne donna rien. Disher et Menard prirent soin de fouiller aux peignes feins chaque pièces, étagères, bibelot, meuble, tiroir et tout ce qui sans suit. Rien. Dans la cuisine, les WC et la chambre à coucher, rien non plus. Les tables de chevets, les armoires, le bloc note. Rien.
- On à vraiment rien à ce mettre sous la dent ! s’indigna Menard épuisé.
- Oui. On est arrivé trop tard. Quoiqu’il nous reste encore une pièce à fouiller.
- Ton optimiste me coupe toujours le souffle. Tu le sais ça Disher ? demanda son coéquipier en riant.
- Hé oui. Je te fais le coup à chaque fois.
Disher montra la direction du bureau avec son bras et rétorqua :
- Après toi, mon cher.

8

Il alluma son ordinateur et alla sur internet. Dans Google il tapa meurtre d’un directeur d’une société de transport à paris. La page de recherche suggéra différents articles. Il cliqua sur le premier. En haut de la page, il put lire :

Meurtre d’un directeur à Paris.

Le lundi 10 mars en fin d’après-midi, Vincent Michelet, directeur d’une société de transport, à été découvert sans vie, sur son lieu de travail. A ces pieds les gendarmes ont retrouvés une femme inconsciente qui à été transporté d’urgence à l’hôpital. Le directeur a succombé à sa blessure : une balle portée à l’abdomen. D’après nos informations, une certaine N.Dubernat aurait fournis ce matin, des informations capitales pour l’avancée de l’enquête. Nous n’en savons pas plus.

Le parisien

- Hé merde ! Souffla-t-il.
Il se mit la tête dans les mains et se frotta les cheveux. Sa jambe tressautée. Il voulait éviter une situation qui lui paraissait pourtant évidente.
- Je ne veux pas tuer ! Pas une seconde fois ! Le temps est contre moi. Je dois agir vite. Cette femme est un gros obstacle pour moi. Qui sait ce qu’elle a pu leur dire ? A-t-elle fait une description ? Une chose est sure, elle a assistée à la scène.
Il resta assis devant son ordinateur pendant un certain temps. Peu à peu il reprit son calme et mit fin à sa réflexion.
- Je vais agir dès ce soir.
En entendant la porte de son domicile s’ouvrir il s’empressa d’éteindre son ordinateur. Il se dirigea dans la cuisine et vit une présence féminine.
- Coucou mon amour !

9

Elle resta debout, accouder à son balcon, à observer le temps brumeux. Aujourd’hui son moral était au plus bas. Ce matin, après avoir fourni son témoignage, elle regagna son domicile avec une pointe de légèreté. Elle avait fait une bonne action. C’est ce qui compte. Elle n’avait pas failli à ces principes. Normalement à cette heure-ci, trois heures, Nadia devrait être avec les réfugiés. Mais le cœur et l’humeur ni étaient pas. D’habitude fervente cuisinière, aimant passer du temps à ce faire plaisir avec de délicieux petit plat, Nadia en guise de déjeuner mangea brièvement un bout de jambon et un yaourt aux fruits. Ses pensées se bloquèrent sur cette femme. Pauvre petite ! pensa-t-elle. Une sonnerie retentit. Revenant au moment présent Nadia se dirigea vers le salon et décrocha.
- Maman ?
La voix familière qu’elle connait tant paraissait inquiète.
Nadia répondit, rassurée.
- Ma chérie !
- Maman je suis inquiète ! As-tu lu le journal ?
Nadia tourna la tête en direction de la table basse. Abonné au Parisien, elle recevait tous les jours le journal à son domicile. Il était posé là à quelques centimètres et Nadia réalisa qu’elle ne l’avait pas ouvert.
- Non je n’ai pas eu le temps, rétorqua-t-elle.
- Non mais réalises-tu que tu as été témoin d’un meurtre et que j’apprends cette nouvelle par le journal ?
Louise parue à la fois en colère et rassurée de parler à sa mère.
- Je ne voulais pas t’inquiéter ma chérie. J’ai agis comme il m’a semblé bon de le faire ! Tu n’as pas à t’en faire, je t’assure.
- Ne pas m’en faire ? demanda Louise choquée par les propos de sa mère. Ton nom est inscrit dans le journal en précisant que tu as fourni des informations importantes pour l’enquête, et tu me demande de ne pas m’en faire ?
A cet instant Nadia ne sut que dire. Le lieutenant Disher lui avait affirmé, avant son témoignage, que personne ne serait au courant de son identité. Et voilà que maintenant son nom figurait dans le journal. Comment-est-ce possible ? Comment faire pour rassurer sa fille sachant qu’elle-même n’est pas sereine ?
- Maman tu es là ?
Nadia se reprit.
- Excuse moi ma chérie. Je ne voulais pas t’inquiéter, tu comprends. Je ne risque rien le lieutenant me l’a assuré. Puis de toute façon si j’ai le moindre problème, le lieutenant m’a remit sa carte.
Nadia prit une voix apaisée et poursuivit.
- Ecoute Louise, si j’avais le moindre doute sur ma sécurité, dits-toi bien une chose, tu serais la première personne que j’aurais informé de la situation.
Il y eu un silence.
- Louise ?
- Je suis là. Oui je sais mais tu ne peux pas m’empêcher de m’inquiété pour toi.
- Si ça peut te rassuré, passe me voir demain si tu veux. Tu peux passer à toute heure. Je n’ai pas prévu de sortir.
Après avoir raccroché, Nadia s’assis sur son canapé puis consulta le journal, ignorant que la conversation qu’elle venait d’avoir avec sa fille était la dernière.

10

Il retourna sur son lieu de travail. Tournant la tête de droite à gauche et d’un pas furtif, il pénétra dans le centre de tri. A l’abri des regards il retira sa veste, la garda à la main puis se dirigea vers le bureau de son directeur. Il se pencha sur l’ordinateur déjà allumé, bougea la souris et rechercha les informations dont il avait besoin. Sur un bout de papier il marqua les résultats obtenus. Cinq minutes plus tard, toujours en surveillant autour de lui il alla dans l’entrepôt et laissa la porte entrouverte. La pièce était rempli d’étagère et de cartons d’archive. Poussiéreuse et en désordre, l’endroit était particulièrement sinistre. Sachant où chercher, il fouilla les tiroirs prés de la porte, glissa à nouveau son regard en direction du centre de tri. Personne à l’horizon. Il prit la cordelette et la fourra dans la poche de sa veste. Il ferma le tiroir discrètement et quitta la pièce. En passant devant son poste de travail il fut interrompu.
- T’es là toi ? demanda une voix masculine.
Il se retourna, faignant son étonnement.
- Henry ! Oui, je suis revenu, j’ai oublié ma veste ce matin, dit-il en la mettant volontairement en évidence.
- T’es revenu exprès pour ça ?
- Non. Je fais des courses et comme je n’étais pas loin, j’en ai profité.
- Ah ok. Tu m’as l’air stressé. Tout va bien ?
Il attendit avant de répondre.
- Oui ca va. C’est ma femme. Des broutilles, annonça-t-il d’un air amusé.
- Ah oui. J’ai connu ça.
- Bon allez j’te laisse, dit-il en quittant son interlocuteur d’une tape amicale sur l’épaule. Il s’empressa de monter dans son véhicule et prit la direction de son domicile. Arrivé dans son appartement il s’assit sur son lit, mit la main dans une de ses poches et en retira le bout de papier. Il prit le temps de lire ses notes. Nadia dubernat 55 rue d’artois.

11

L’espace contenant le bureau était assez petit. Pourtant Menard et Disher n’avaient pas encore terminés la fouille. Ils avaient attaqués par les documents étalés sur le sol. Autant dire chercher une aiguille dans une botte de foin ! Les principaux documents qui revenaient furent des factures du gaz, d’électricité, de loyer. Enfin bref tout ce qu’il y a de plus normal. Aucun papier professionnel. Logique. Qui irait ranger dans le bureau de son domicile, des documents importants concernant ces activités professionnelles ? Personne c’est évident. Une fois ces éléments vus, Disher les mis dans le placard prévu à la base, à cet effet. Pendant que Menard commençait à mettre son nez dans les tiroirs du bureau, Disher essaya de faire le vide. Il remarqua qu’il suffisait de peu de chose pour changer à vue d’œil la dimension de la pièce. D’apparence petite à leur arrivée, il conclut qu’elle était beaucoup plus grande que ce qu’il pensait. Menard ferma brusquement un tiroir et posa ses fesses sur la chaise installé devant le bureau. Resté accroupit toute la journée fatigua tous son corps. Cette chaise fut pour lui comme une bénédiction.
- Rien. Absolument rien.
- Peut-être pas.
Disher s’avança vers le bureau et rétorqua.
- Regarde.
Il montra un endroit précis du bureau.
- Tu ne vois rien d’anormal ?
Menard se concentra un instant et annonça.
- L’endroit que tu me montres est propre, alors que le reste du bureau est sale.
- Exact, fit son collègue.
- Ce qui prouve que quelque chose était installé là.
Disher s’agenouilla dans un coin de la pièce et fixa son attention sur les prises.
- Des câbles électriques avec un modem adsl.
Disher et Menard échangèrent un regard.
Menard poursuivit.
- Notre impression était la bonne. Notre homme voulait récupérer quelque chose. Il nous a devancé et à subtilisé l’ordinateur de la victime. Il a peut-être laissé des empreintes.
- Non. Quand notre homme à fait sa petite visite, il a prit soin de mettre des gants. De plus il n’y a aucune trace de chaussure. Sur ce coup là, il a été minutieux.
- Nous savons maintenant que cet ordinateur contient des éléments important liés au meurtre. Sinon jamais il n’aurait fait tous ces dégâts.
- Oui répondit Disher. Nous avons obtenu des indices en venant ici mais ce qui m’embête le plus, c’est que nous n’avons toujours pas de preuves matérielles. Autrement dis, nous n’avons rien.

12

Il était vingt heure trente. Garé devant le hall d’entrée de l’immeuble de madame Dubernat, sur une place de stationnement à l’abri des regards, il scrutait le moindre fait et geste des passants. Arrivé depuis déjà une demi-heure, il vit que le coin était paisible. Il régla le rétroviseur en direction de son visage, peaufina les derniers détails. La fausse chevelure blonde ainsi que la moustache qu’il avait trouvée, plus tôt dans la journée lui allait à ravir. « Personne ne me reconnaitra » dit-il à voix haute. Cette chevelure blonde me rend plus vieux, et cette moustache durcit l’expression de mon visage. « Cette fois ci personne ne se mettra en travers de mon chemin. Certes la veille j’ai été maladroit mais aujourd’hui, en regardant dans mon armoire, j’ai retrouvé le costume de flic que j’avais utilisé pour le carnaval, la saison dernière. Le costume en question était parfait. Tee short bleu clair avec le pantalon bleu foncé assorti. La ceinture comprenant des menottes ainsi que le chapeau étaient là. Avec ça elle ne se méfiera pas pensa-t-il. Il ouvrit sa boite à gant et en retira deux photographie. L’une de son frère et la seconde la sienne. Il fourra les deux clichés dans sa poche gauche. Il mit ses gants de cuir dans l’autre poche et descendit de voiture. Il regarda autour de lui. Personne. Il se hâta d’un pas furtif et s’arrêta devant l’immeuble. En guise d’accueil, un interphone. A l’aide de son doigt, il observa la liste des résidents. Madame Dubernat correspondait au 15. Il alla sonner à l’appareil quand il vit une femme arrivée. Il tourna le dos de l’entrée, fit semblant d’être en communication. La dame passa sans faire attention à sa présence. Avant que la porte ne se referme, il se faufila dans le hall. Il longea le couloir et monta l’escalier en direction du premier étage. Il ouvrit à moitié la porte, vérifia les lieux. Personne. Il avança discrètement, s’arrêta devant le quinze et frappa à la porte.

Après s’être préparé une bonne blanquette de veau, Nadia alla dans la salle de bain. Elle se dévêtit puis enfila une chemise de nuit avec un peignoir. Ensuite elle se lava le visage et s’étala une crème de nuit. Un antiride. Une fois ces gestes quotidiens terminés, elle se hâta d’allumer la télévision et de réglé son poste sur la six. Scène de ménages. Son programme favori. Ce feuilleton dure une demi-heure et jamais depuis la parution de ce programme, Nadia n’en rata une miette. Le générique de fin apparut lorsqu’une personne frappa à sa porte. Elle jeta à œil sur l’horloge de la cuisine. 20h35. Qui pouvait bien la déranger à cette heure tardive ? Nadia éteignit la télévision, et se dirigea vers l’entrée. En ouvrant sa porte Nadia fut face à un homme qu’elle ne reconnu pas. D’apparence ordinaire, les traits de visage épais, chevelure et moustache blonde, l’homme portait un uniforme de la gendarmerie.
- Bonjour Madame Dubernat ?
- Oui.
- Je suis confus de vous déranger à cette heure tardive. Je suis brigadier et mon supérieur m’a chargé de venir vous voir. Il enquête sur une affaire pour laquelle vous avez témoigné ce matin. Mon supérieur est en déplacement pour la soirée. Il m’a envoyé vous posez quelques questions.
- Il y a un problème sur ma déposition ? demanda Nadia d’une voie intéressée.
- Non à vrai dire j’aurais des photos de suspects à vous montrez. Peut-être pourriez-vous identifier notre homme. Puis-je entré un moment ?
Un sourire apparut sur le visage du brigadier.
- Oh oui bien sur.
Nadia entraina le brigadier dans son salon. Il prit soin de regarder les lieux. Un canapé se trouvait en face de la télévision. Une table de repas se situé à l’angle droit de la pièce. Deux fenêtres surplombèrent ce lieu, les volets étaient fermés. Parfait. Aucune visibilité. Aucun témoin.
Nadia alla s’assoir sur une des chaises de la salle à manger.
- Faites moi voir ça.
Il sortit de ses poches les deux clichés qu’ils avaient prévus, et les étala sur la table.
Nadia regarda attentivement les deux clichés. Sur le premier la personne était un homme. De forte corpulence, trapu, brun, les yeux marrons. Sur la seconde, un homme également. De corpulence plus fine, l’air élancé, brun les yeux vert clairs. Pendant que Nadia regardait les clichés, il s’éloigna d’elle doucement et retira les gants en cuir de la poche. Il les enfila, mit ses mains derrière son dos et commença doucement à tirer sur la cordelette qu’il avait caché sous sa ceinture.
- C’est celui là, annonça Nadia en montrant du doigt la deuxième photographie.
Elle a reconnu ma photo, pensa-t-il.
- Vous en êtes sur ? demanda le brigadier. Vous n’avez aucun doute ?
Nadia attendu un peu avant de répondre ce qui lui permit de se mettre derrière elle. Il avait la cordelette prête à l’emploi.
- Je suis sure, affirma Nadia.
Sans qu’elle ait le temps de faire le moindre geste, il lui mit la cordelette autour du cou et serra. Nadia essaya de se débattre. Il serra, de plus en plus fort sentant les mouvements de Nadia ralentir. Il ramassa les deux clichés posés sur la table, rangea la cordelette dans sa poche, et ouvrit la porte d’entrée de la victime. Une fois à l’extérieur de l’appartement, la porte close, il retira ses gants et les fourra dans sa poche. Il se dirigea vers l’escalier, regarda autour de lui. Personne. Il quitta la résidence tranquillement.

13

Claire passa la journée à dormir sur son canapé. Le médecin lui avait prescrit beaucoup de repos. Elle devait s’occuper l’esprit, ne plus penser ni réfléchir aux évènements de la veille. Elle se sentit abandonnée. Le médecin lui avait demandé de ne pas rester seule. Claire se servit un verre de jus d’orange. Que faire ? Je ne connais personne ici. Comment me changer les idées en étant seule ? A qui pourrais-je me confier dans cette situation ? Voulant se distraire ce soir, elle se leva et fouilla son sac qui était posé sur le meuble à côté de l’entrée. En cherchant dedans elle trouva le numéro de Daniel. Elle réfléchissait. Je suis seule, j’ai besoin de compagnie et c’est la seule personne dans cette ville qui ne me suspecte pas d’avoir commis un meurtre. Et surtout c’est la seule personne que je connaisse avec qui je pourrais éventuellement passer un bon moment. Je ne risque pas grand-chose après tout. Il m’a paru courtois et respectueux durant le trajet de ce matin. Et je lui plais énormément. Physiquement il est à mon gout. Et puis si je ne m’intéresse à personne, je vais finir vieille fille. Allez Claire, fonce, pensa-t-elle. Le téléphone en main elle se lança. Plusieurs sonneries de firent entendre puis Claire entendis un « Allo ». La voix parue rauque et fatiguée.
- Allo Daniel ? demanda la jeune femme gênée.
- Oui. Qui le demande ?
- Heu. C’est Claire. Vous ne devez surement pas vous rappeler de moi mais vous m’avez donné vos coordonnées ce matin.
Elle fit les cents pas et tenta de cacher son mal aise.
- Ah oui Claire ! s’exclama Daniel d’un ton enjoué. Oui. Naturellement que je me souviens de vous. Vous avez besoin de quelque chose ?
- Hé bien oui. Heu, en fait… balbutia-t-elle, nerveuse à l’idée d’inviter un homme à passer la soirée avec elle. Je… J’aimerais vous revoir, et comme vous m’avez transmis votre numéro, je… .
- Avec plaisir, la coupa le jeune homme qui devina le malaise de la jeune femme. Je serais ravie de diner avec vous. Ce soir vingt heures ?
- Oui. Par contre je n’ai pas trop envie de sortir ce soir. Je suis un peu patraque. Ca vous dérange si on dine chez moi ?
- Pas du tout, au contraire. A tout à l’heure.

Tout était feint prêt pour ce soir. Claire avait passé du temps en cuisine et avait préparé un bon petit plat. Une cuisse de dinde sur un lit de légumes poêlés. Pour le dessert, une tarte à la fraise ferait l’affaire. La décoration de la table ressemblait à son humeur du jour. Simple et un peu fade. Après avoir fini tous ces préparatifs, Claire alla dans sa chambre et se changea. Elle opta pour un pantalon noir décontracté avec un joli haut rouge à manche longue qui mettait sa poitrine en valeur. Dans la salle de bain, elle se mit une légère touche de fond de teint, du mascara noir et du brillant à lèvre, qui lui rendait la bouche plus pulpeuse. Pour la coiffure elle décida de laisser ses cheveux détachés pour un effet plus lumineux. Alors qu’elle s'apprêtait à ranger un peu sa buanderie, la sonnerie de la porte d’entrée retentit. Claire ouvra. L’homme qui se tenait devant elle lui plaisait énormément. Daniel portait un jean bleu, un pull noir avec une veste costume.
- Tenez, un cadeau de bienvenue.
Daniel tendit à Claire un charmant bouquet de rose rouge qu’elle s’empressa de mettre dans un vase.
- C’est très gentil à vous, dit-elle avec une voix enjouée.
Ils s’installèrent dans le salon et Claire servi l’apéritif.
- J’aime beaucoup votre maison, elle a l’air très spacieuse.
- Oui, je suis nouvelle dans la région et cette maison m’a plus au premier coup d’œil.
- Moi aussi j’en ai une, je ne suis pas très loin de vous finalement. Je m’en suis rendu compte en faisant la route. J’habite à quinze minutes à peine.
Au cours du diner le jeune homme s’intéressa beaucoup à sa vie personnelle. Claire lui raconta qu’elle avait vécu une bonne partie de sa vie à Nice et que suite à une rupture et une certaine lassitude, elle avait décidé de changer de vie. De son côté Daniel lui raconta qu’il était né à Paris et que pour rien au monde il ne changerait de ville puis son frère aussi habitait dans cette ville, ce qui leur permettait de partager des moments privés. Claire débarrassa le plat et vit que son invité avait aimé sa dinde. Elle servit maintenant la tarte aux fraises.
- Vous m’avez l’air en forme depuis la dernière fois, s’enquit Daniel.
- Oui, j’ai essayé de me reposer. Ca m’a fait du bien.
- Je suis content que vous alliez bien, je me faisais du souci pour vous. Vous savez, dit-il en prenant une cuillérée de tarte, je vous apprécie beaucoup et votre compagnie m’est très agréable.
- Merci c’est gentil. Je vous retourne le compliment.
- Je vais être sincère avec vous, je souhaite vous revoir et j’espère que ça ira plus loin entre nous.
Claire parut intimidée. Elle ne s’attendait pas à recevoir une telle demande aussi tôt mais cela lui plaisait de plaire à un homme tel que Daniel.
- Vous savez ma vie est compliquée en ce moment, alors je préfère que l’on prenne notre temps même si j’ai très envie de vous revoir.
- Je comprends, et je serais patient. Je tenais juste à vous confier mes sentiments, lui avoua-t-il d’une voix douce et sincère.
Sur ce je vais vous laissez, j’ai une dure journée qui m’attend demain.
Ca faisait longtemps que Claire n’avait pas passé une soirée comme celle la. Et elle le regretta, grâce a ce moment elle était plus détendue. Après avoir débarrassé, elle se hâta de se dévêtir et de se mettre au lit.
« Il m’a clairement fait comprendre ses sentiments à mon égard » pensa-t-elle. « Et j’en suis ravie car c’est réciproque. Mais sera-t-il aussi prévenant avec moi lorsqu’il apprend que je suis suspecte dans une affaire de meurtre»?

14

Elle prend son manteau, quitte son travail. Dehors il fait presque nuit. L’air est frais. Elle marche le long de quelques ruelles et rejoint son véhicule. Elle allume la radio et regarde l’heure par la même occasion. Il est 17h45. Elle a le temps de passer à la banque avant de se rendre à son rendez-vous de 18h15. La banque n’est pas très loin mais dans la rue qu’elle empreinte la circulation est difficile. Au bout de quinze minutes, elle arrive enfin à se garer devant le guichet de la banque. Elle prend le temps de retirer son espèce et se remet sans attendre en route. Si la circulation continue d’être aussi difficile, elle aura un peu de retard. Ce n’est pas trop grave. Impatiente dans les embouteillages, elle regarde l’heure à nouveau. 18h15. La circulation est un peu plus fluide maintenant. Elle arrive enfin à son rendez-vous. Ne trouvant aucune place pour se garer à proximité, elle se gare à deux rues de l’entreprise de son client. Elle presse le pas pour ne pas avoir trop de retard puis s’arrête à l’entrée de l’entreprise.

Claire se réveille en sursaut.

15

Après avoir fouillé de fond en comble le domicile de la victime, Disher et Menard arrivèrent le lendemain sur le lieu de travail de Monsieur Michelet. Ils faisaient face à un grand bâtiment peint en blanc bordé de fenêtre à chaque étage. Les inspecteurs entrèrent dans le hall de l’entreprise. A leur droite figuré un panneau d’information puis un peu plus loin, un bureau vide et des escaliers menant au premier étage. Sur leur gauche se trouvait un espace d’accueil avec pour patienter plusieurs fauteuils. En face d’eux, un ascenseur. Menard attendit Disher dans le hall pendant que celui-ci se renseigna auprès de l’hôtesse d’accueil.
- A quel étage puis-je trouver le directeur de Monsieur Michelet ?
Disher montra son insigne.
L’hôtesse décrocha son téléphone et annonça à son interlocuteur la venue du lieutenant.
- Monsieur Lemoine se situe au deuxième étage, troisième porte à droite. Il vous attend.
Disher et Menard entrèrent dans l’ascenseur et Menard appuya sur le chiffre 2. Arrivé au bon étage ils marchèrent le long d’un couloir étroit. Ils s’arrêtèrent devant une porte ouverte.
Un homme d’une cinquantaine d’année, grisonnant, de petite taille vêtu d’un costume gris les accueillirent.
- Messieurs, je suis Monsieur Lemoine, le directeur de Vincent.
Ils se serrèrent la main.
- Je vous en prie, prenez place.
- Je suis le lieutenant Disher et voici mon collègue le lieutenant Menard.
Menard prit la parole.
- Monsieur Lemoine, comment se fait-il qu’à l’heure du crime, il n’y avait personne sur les lieux ?
- Les employés peuvent rester le soir dans l’entreprise mais jusqu’à 17h30 pas plus. Seule la direction à la possibilité de rester.
- Connaissiez-vous des ennemis à Monsieur Lemoine ?
- Non pas que je sache. Vous savez je n’avais pas de relation privée avec lui. On parlait que de travail.
Menard nota les informations que lui fournissait sont interlocuteur sur son carnet.
- Comment se fait-il que le meurtrier soit rentré ici comme dans un moulin ? demanda Disher.
- Normalement, à toute heure, pour circuler dans les locaux, tous nos employés sont munis d’un badge. Mais en ce moment notre système de sécurité est défaillant donc pour que tout le monde puisse aller et venir à sa guide, nous somme obligés de laisser toutes les portes ouvertes.
- Avec qui Monsieur Lemoine était en contact dans l’entreprise ? Je veux dire en contact régulier.
- Avec les employés de cet étage. Vous savez Monsieur Michelet passez la plupart de son temps à l’extérieur.
- Très bien, poursuivit Disher. Je veux que vous réunissiez toute les personnes avec qui Monsieur Michelet étaient en contact. Nous devons les interrogés.
- Très bien, acquiesça Monsieur Lemoine.
Je vous les réunis dans la salle de réunion. Suivez-moi.

Cinq minutes plus tard, certains employés du second étage étaient assis dans la salle de réunion. Grande pièce, peinture blanche, une grande table se trouvait au milieu de la pièce avec derrière un projecteur. Menard expliqua la situation à ses interlocuteurs.
- Mesdames et messieurs. Je suis le lieutenant Menard et mon collègue, le lieutenant Disher. Comme vous le savez, un homicide à eu lieu dans le bureau de Monsieur Michelet lundi en fin de journée. Nous avons besoin, pour les besoins de l’enquête, de vos témoignages. Nous vous remercions de votre compréhension. Disher et Menard s’avancèrent dans la salle et commencèrent leur interrogatoire. Voici ce qu’ils ont pu obtenir.

Valérie Marchal, comptable.
- Connaissiez-vous des ennemis à M. Michelet ?
- Non, il était toujours très courtois avec ces clients. Je ne l’ai jamais entendu hausser le ton avec quelqu’un.
- Vous le voyez souvent ?
- Non. Trois fois par semaine à peu prés. Il passait la plupart de son temps à l’extérieur.
- Comment était-il au quotidien ?
- Toujours agréable et avec le sourire.

Didier Ducroix, commercial.
- M. Michelet paraissait-il stressé en ce moment ?
- Non. Au contraire, il devait ramener un gros client pour l’entreprise.
- Le connaissiez-vous personnellement ?
- Pas du tout. Vous savez d’après ce que j’ai pu voir de Vincent, il venait au boulot que pour bosser. Il ne voulait pas créer d’affinité personnelle avec ces collègues.

Eloise Lacoste, assistante commerciale.
- Travailliez-vous souvent avec M. Michelet ?
- Non. Je travail avec les commerciaux. C’est arrivé quelques fois que Vincent me demande un travail à faire, mais c’était très rare.
- Etait-il agréable au travail ?
- Oui. Certes il ne voulait pas que ces relations professionnelles deviennent personnelles, mais je dois avouer qu’il avait toujours le mot pour rire. Toujours très agréable. Il était apprécié ici vous savez.

Julie Desnoel, assistante de direction.
- Etiez-vous souvent en contact avec M. Michelet ?
- Oui. Je le voyais souvent. On faisait souvent des petites réunions tous les deux pour mettre au point des dossiers.
- Etait-il angoissé en ce moment ?
- Non. Pas du tout. Il venait de signé un contrat avec une société de cosmétique.
- Vous étiez proche ?
- Notre relation était strictement professionnelle. C’était une personne très humaine, respectable.
- A-t-il eu des ennuis ces temps ci ? Vous êtes à côté de son bureau, vous auriez pu entendre au voir quelque chose.
- Non comme je vous les dis. Tout allait bien pour lui, enfin que je sache. A moins que… attendez il y a deux mois de ça, une femme est venue voir Vincent à son bureau. Ils ont haussé légèrement le ton mais j’ai pu entendre quelques mots car la porte du bureau était restée entrouverte.
- Vous la connaissait cette femme ?
- Non je ne l’avais jamais vu. Mais Vincent devait bien la connaitre. Ils paraissaient proche tous les deux.
- Vous souvenez-vous de son prénom ?
- Non. En revanche ce jour là quand je me suis rendue à la photocopieuse, je suis passé devant le bureau de Vincent. Et là j’ai entendu la femme lui demandé : ibis, comme d’hab. ?
- Saviez-vous de quoi elle parler ?
- Pas du tout.

Après avoir auditionné les employés Disher et Menard quittèrent l’entreprise. En montant dans la voiture, ils firent un point.
- Alors ? demanda Menard
- Ecoute rien de mon côté. Rien d’important et toi ?
Menard sortit son calepin.
- Figure-toi que j’ai parlé à une certaine Julie Desnoel. Elle a entendu la victime haussé le ton avec une femme qui est venu le voir à son bureau. Elle ne sait pas de quoi ils ont parlé mais elle a pu entendre un bout de leur conversation.
Disher paru intéressée par les propos de son collègue.
- La jeune femme à demandé à la victime : ibis comme d’hab. ?
- Ibis, à quoi ça peut correspondre ?
Disher et Menard réfléchirent un bref instant.
- On récapitule, poursuivit Disher. Une femme entre dans le bureau de la victime. Ils discutent mais ils sont en désaccord. En partant elle parle d’ibis. Une jeune femme, ibis…
- On dirait que notre directeur d’entreprise n’avait pas une vie si routinière que ça. Une liaison.
- Oui et pour ne pas se faire surprendre ils se voyaient à l’hôtel ibis.
- On va aller y faire un tour.

16


La nuit qu’elle venait se passer la laisser toujours perplexe. Assiste sur la chaise longue dans son jardin, une tasse de café à la main, Claire repensa à son étrange rêve. Etait-ce juste un rêve où était-ce un moment passé de sa vie dont elle ne se souvint plus ? Quand le réveil avait sonné ce matin, elle transpirait signe d’une nuit agitée. Ce rêve l’a perturbé, c’était évident. Elle secoua la tête. Elle ne voulait plus y penser. Elle but une gorgée de café et s’allongea entièrement sur la chaise longue. Elle ferma les yeux. Le temps était agréable. Claire sentit la chaleur du soleil lui caressait la peau, l’air frais si doux, et les oiseaux chantaient. C’était une belle matinée de printemps. Elle resta quelques minutes à se prélassé, quand soudainement, elle se releva brusquement. « Ma voiture ! » pensa-t-elle. « Je n’ai pas ma voiture ! Depuis que je suis rentrée, je ne m’en suis pas aperçu. J’étais trop fatiguée pour y penser. Où ai-je garé ma voiture ? Habituellement elle est dans le jardin ». Claire se frotta le menton, plissa les yeux. « Mais bien sur mon rêve. Il n’y a qu’une seule façon de savoir ce qui s’est produit hier soir ». Rêve ou souvenir ? Elle allait vite le savoir. Claire alla dans sa chambre, mit un ensemble de jogging, prit du liquide dans son sac et quitta son domicile.


Il était onze heures. Le bus prenait la direction de son travail. Elle descendit à un arrêt. Elle ne connaissait pas son nom. Jamais elle n’avait pris le bus à Paris jusqu’à maintenant. En tout cas sur l’autre coté du trottoir elle apercevait un grand immeuble blanc. Son lieu de travail. Elle réfléchit un instant. « Je dois prendre le même trajet ». Elle regarda autour d’elle et vit en face d’elle, un arrêt de bus qui allait dans le sens inverse de celui qu’elle venait de prendre. Claire traversa le passage piéton, attendit quelques minutes à l’arrêt, regarda le plan affiché sur l’abri bus et avec son doigt traça un chemin. Le bus arriva. Elle monta et s’assit dans le premier siège qu’elle trouva face à la route. Elle prit soin de regarder attentivement le trajet. Les rues défilaient sur son passage. Pour le moment tout se passait à l’identique. Dix minutes plus tard, elle descendit à l’arrêt Carnot et marcha en direction de la banque. Des gouttes de sueur perlaient sur son front. La chaleur était plus intense et avec la marche son jogging lui tenait de plus en plus chaud. Elle arriva au guichet extérieur de la banque, comme dans son rêve. Elle se mit à l’ombre quelques instants puis reprit sa marche. Elle se remémora son rêve. Elle bifurqua dans une rue autre, prit la direction d’une zone industrielle puis s’arrêta. Au loin, à quelques mètre elle vit une Opel corsa rouge. Elle s’approcha du véhicule et lentement en parcourus le tour. Claire sortit ses clés. La porte du véhicule s’ouvrit. Soulagée, elle se laissa tomber comme une masse sur le siège conducteur. Son soulagement fut se courte durée car Claire se tendit compte que son rêve n’était pas un rêve. Ce dont elle se rappela cette nuit là n’avait rien à avoir avec un rêve. C’était sa mémoire. Les moments de sa vie oubliés suite à son accident. Claire réalisa alors qu’elle connaitrait bientôt la vérité.


17


Louise Dubernat était toujours angoissé. Infirmière depuis six ans elle avait apprit à gérer la famille des patients atteint d’une grave maladie. La plupart du temps elle devait se charger d’annoncer aux proches la situation parfois critique de leur enfant. Mais elle prit compte aujourd’hui, que les paroles rassurantes que l’on peut prononcer pour apaiser une personne, ne calmait en rien l’inquiétude des proches. Au contraire, finalement dans un moment dramatique, peut-être vaut-il mieux de rien dire. Sur la route pour aller rendre visite à sa mère, Louise semblait ailleurs. Pour être sincère elle se sentait coupable. Elle aurait du forcer sa mère à venir vivre chez elle juste pour quelques jours au moins, le temps que cette affaire de meurtre se tasse. Elle avait comme un mauvais pressentiment et Louise détestait cette impression. Elle était partie assez tard de son domicile, puis elle avait acheté deux petits gâteaux dans une boulangerie. Vingt minutes plus tard Louise gara son véhicule à proximité de la résidence de sa mère. Avant de sortir de sa voiture elle prit sur le siège passager les gourmandises achetées puis se dirigea vers le hall d’entrée de la résidence. Louise plongea la main dans son sac à main et en sortit les clés de l’appartement de sa mère. Elle pénétra dans le couloir, prit l’ascenseur et arriva au premier étage. Elle frappa à la porte. Aucune réponse. Louise regarda sa montre qui annonçait 15h30. Sa mère devrait être présente à cette heure-ci. Elle frappa à nouveau. Toujours aucune réponse. Son cœur s’emballa. Louise mit sa main sur la poignée. La porte d’entrée était ouverte.
- Maman ? prononça Louise en pénétrant lentement dans l’appartement.
Un silence pesant régnait à l’intérieur. Louise posa son sac ainsi que ces courses sur la table de la cuisine. Elle entra dans le salon et vit de dos, sa mère assise sur la table du salon.
- Maman ? demanda-t-elle en s’avançant à petit pas vers son interlocutrice.
Le cœur battant la chamade, Louise ne parvint pas à rester calme. Aucune réponse n’émanait de la douche de sa mère. Ce n’était pas normal et elle le savait très bien. Elle arriva à la hauteur de sa mère. La terreur et la tristesse l’envahissaient. Louise aperçut la marque d’étranglement autour du cou de sa mère. En comprenant la perte de sa mère Louise hurla.
- Maman !
La vue de sa mère dans cet état lui étant insupportable, elle courut dans la cuisine et s’assis. Le corps lourd, elle pleura toute les larmes de son corps. A ce moment précis elle ressentit une lame lui transperçait le cœur. Elle devait prévenir la police. Elle se leva fébrilement, fouilla le sac de sa mère et en sortit une carte. Louise prit son portable et composa un numéro.


18


La veille, il avait vomit. Il n’avait pu fermer l’œil de la nuit. L’acte qu’il avait commis hier soir le rendait malade. Voir une personne se débattre et continuer à rester impassible fut le plus dur. Pour rien au monde, il n’avait voulu cette situation. Mais à y réfléchir, il avait bien agit.
Cette femme m’avait reconnu, j’étais obligé, songea-t-il.
Aujourd’hui il cacherait les preuves, il serait seul toute la journée. Il prit l’ordinateur posé sur la table du salon et l’ouvrit. Il feuilleta tous les fichiers et ouvrit le dossier contenant les images. Voilà ce qu’il cherchait. Les clichés qu’il venait d’ouvrir lui transperça le cœur. Il vit un couple sur la photo. Un couple apparemment heureux. Du moins c’est le reflet que transmettait ce cliché. La femme avait des yeux bleus azur, et une chevelure dorée magnifique, un sourire à coupé le souffle. La femme tenait dans ces bras un homme. Plutôt enrobé, mais un certain charme dans le visage, les cheveux courts, brun. La photo avait sûrement était prise dans une chambre. Il se passa les mains dans les cheveux et pleura. Pendant cinq minutes il laissa ses émotions débordés. Comment en est-on arrivé là ? songea-t-il. Puis après la tristesse vint la douleur. La douleur se voir ces clichés fut peu à peu de plus en plus difficile à supporter. Il éteignit l’ordinateur et le démonta entièrement. A l’aide d’un tournevis cette manipulation ne lui prit que quelques minutes. Il alluma la cheminée et fourra à l’intérieur l’ordinateur décomposé. Il regarda lentement le disque dur, la carte mère et les autres composants informatiques se détruirent. Puis il jeta la cordelette. Le déguisement de policier était rangé dans ces affaires. Il n’était en rien incriminant. Les deux photos d’identités dont il s’était servi hier soir aussi étaient dans la boite à gant de sa voiture. En attendant que la cheminée finisse son travail, il s’assit sur son canapé, et regarda les flammes détruire les preuves. Il se sentait vide, trahit, blessé. Tout son corps se raidit. Il avait sacrifié ses envies, abandonné ses rêves, et tout ça pour quoi ? Pour finir trahi et humilié! Maintenant qu’il venait de rétablir l’ordre plus personne ne viendrait le déranger. Du moins c’est ce qu’il espérait au plus profond de lui. Il se leva et éteignit la cheminée. Dans la cuisine il prit un sac plastique. A l’aide d’un torchon, pour ne pas se bruler, il fourra à l’intérieur du sac les éléments carbonisés. Il ferma la poche poubelle, mit une parka et se dirigea vers sa voiture. Dehors il pleuvait à torrent. Les gouttes de pluies perlèrent sur son visage. Il ouvrit le coffre de son véhicule et y jeta le sac. A l’intérieur il fut rassuré de voir que la pelle était toujours là. Quelques instants plus tard, il se mit en route.
Il garda une vitesse convenable. Avec une telle humidité sur la chaussée, mieux vaut rester prudent. Il roula durant une heure et s’arrêta. Il jeta des regards autour de lui. Personne en vue. C’est normal avec un temps pareil, personne ne vient dans une forêt. Il prit le sac ainsi que la pelle puis d’une allure vive il s’engouffra dans les bois. Au loin il vit une maison abandonné depuis ces années. Cet endroit sera parfait. Il s’arrêta et creusa un trou d’une immense profondeur. Ce travail fut éreintant car la pluie et le vent soufflait plus fortement. Quand il s’estima le trou assez profond, il y jeta le sac. Dix minutes plus tard après avoir prit soin de camoufler son passage, il reprit la route en direction de son domicile.


19


- Quel temps ! Moi qui me suis acheté des godasses toute neuve…
- Ah Andy, c’était prévu, fallait regarder la météo hier soir, ricana Disher. J’vais être gentil, j’vais me garer juste devant !
Disher et Menard furent accueillis par une jolie bâtisse marron et beige. D’une extrême beauté le mur porté une inscription « hôtel ibis ». Les inspecteurs entrèrent. A l’intérieur, un espace agréable et chaleureux accueille les clients. Un bar sur la droite avec des charmants fauteuils pour se mettre à son aise. Sur la gauche, une salle de restaurant dont la décoration fut sobre et élégante. En face la réception. Disher et Menard s’avancèrent vers la réceptionniste.
- Bonjour Messieurs, puis-je vous aider ? demanda l’hôtesse d’accueil d’un ton agréable et courtois.
Disher montra sa plaque d’immatriculation à la jeune femme.
- Oui, poursuivit-il. Nous aurions des questions à vous poser.
Menard brandit la photo de la victime.
- Connaissez-vous cet homme ? demanda Menard.
- Oh oui bien sur, c’est Mr Michelet.
- Je voudrais avoir le nom de la dame qui l’accompagne.
L’hôtesse d’accueil fronça les sourcils.
- Je suis confuse mais cette information est strictement confidentielle. Notre règlement nous interdit de donner ce genre d’information.
Disher intervint.
- Ecoutez, cet homme est mort. Si vous ne nous communiquez pas le nom de la femme qui l’accompagne, vous serez impliqué pour complicité de meurtre. Ai-je était assez clair ?
L’hôtesse d’accueil devint pale et frêle.
- Oh mon dieu. Mr Michelet est mort ? Excusez-moi messieurs. Si mon directeur apprend que j’ai failli au règlement, je vais avoir des ennuis, affirma la jeune femme d’un ton inquiet.
Menard regarda le badge de la jeune femme.
- Votre directeur n’en saura rien Samantha, expliqua Menard pour la rassurer.
Samantha regarda dans les fichiers à la recherche d’une réponse à donner aux inspecteurs.
- Je suis désolée mais Mr Michelet prenait toujours les réservations à son nom. C’était un client régulier. Il venait tous les lundis et jeudis avec la même femme. Je crois qu’un jour il l’a appelé Judith mais je n’en suis pas certaine.
- Avez-vous une photo d’elle ? s’enquit Disher.
- Non. Pour acceptez une réservation, il nous faut juste le nom de la personne. C’est tout.
- Mr Michelet payé toujours la chambre ?
- Laissez-moi vérifier une minute.
Samantha tapota sur l’ordinateur.
- Oui toujours. Par contre si vous voulez je peux vous faire son portrait.
Disher et Menard échangèrent un regard. Samantha retira une feuille de papier de l’imprimante et avec un crayon à papier, commença à dessiner.
Quelques instants plus tard, la jeune femme leur tendit le croquis avant de poursuivre.
- Elle est blonde, cheveu long, les yeux bleus.
- Merci pour ces renseignements, affirma Disher.
Les inspecteurs sortirent. La pluie avait cessé de tomber mais le vent resté frais. Disher s’apprêta à monter dans son véhicule quand son téléphone sonna.
- Disher j’écoute.
- Venez vite ! s’écria une voie féminine apeuré et en pleure.
- Où êtes-vous Madame ? Vous êtes blessée ? demanda Disher d’un ton le plus neutre possible.
- Non c’est ma mère Nadia Dubernat ! Elle est morte !

20

Claire pensait terminer la journée seule. Quand Daniel l’appela pour l’inviter à visiter avec lui le musée Grévin, elle fut ravie d’accepter. Après s’être préparé des tagliatelles au saumon pour le déjeuner, elle se hâta d’ôter son jogging et enfila un tee short blanc, un jean bleu ainsi qu’une chemise bleu. Elle saupoudra son visage, se mit une légère touche de mascara, suivi du récil, puis se fit un brushing. Daniel était venu la chercher à son domicile à seize heures. Ensuite, une demi-heure plus tard ils se trouvaient déjà à l’intérieur du musée. Claire fut ébahie par ce qu’elle voyait. Des personnages de cire régnaient dans toute la pièce. Que des célébrités. Daniel attira Claire vers Tony Parker.
- Regardez celui là c’est mon favori !
- Oui je ne suis pas une fan de basket mais je dois dire que je suis impressionné par la beauté de ces sculpture.
- Je savais que ce lieu vous plairez, chuchota Daniel à l’oreille de Claire.
Elle répondit par un sourire ravageur.
Tout en s’avançant vers une autre statut, Daniel enlaça Claire à l’épaule.
- Je préfère celle là ! annonça Claire en tendant la main vers la droite.
- Ah ! Vous aimez les chansons de Michael Jackson ou c’est juste la statut qui vous plait ?
- Un peu des deux ! Je n’ai jamais acheté ces albums mais quand je tombe sur une de ces chansons à la radio je ne change pas de stations !
Ils eurent un fou rire.
- Je passe un excellent moment. Je vous remercie de m’avoir convié.
- Cela me fait énormément plaisir. Je savais que vous n’aviez jamais vu cet endroit. Mais comme j’avais très envie de vous revoir je n’ai pas résisté à l’envie de vous invité.
Devant le regard ténébreux de Daniel, Claire eu l’impression d’être en sécurité. Elle pouvait lui faire confiance, elle en était persuadée. Ils continuèrent leur visite pendant quelques heures et quand ils sortirent du musée il faisait déjà nuit. L’air été frais et le vent commença à soufflait. Claire invita Daniel à boire un verre chez elle. A leur arrivée, elle se dirigea dans son salon et sortit une bouteille de martini. Elle sortit deux verres et versa le liquide.
- Tenez, dit-elle en tendant le verre.
- Si vous me le permettez Claire j’aimerais que l’on se tutoie.
- Aucun problème. Par contre je peux te poser une question personnelle ?
- Certainement.
Daniel posa son verre sur la table basse et se redressa comme pour se préparer à répondre à une question importante.
- Je t’attires beaucoup et je sens que tu voudrais qu’on ai une relation amoureuse immédiate, j’me trompe ?
Daniel souris, se leva et alla s’asseoir à côté de Claire.
- C’est vrai.
Daniel essaya de caresser le visage de Claire mais la jeune femme stoppa son geste.
- Moi aussi je suis très attirée par toi, mais je tiens à te faire une révélation. Après ce que je viendrais de te dire si tu veux t’enfuir, je comprendrais.
Daniel cala son dos dans le fond du fauteuil.
- Voilà. Quand tu m’as vu la première fois dans ton taxi, je t’ai dis que ma blessure était bénigne. Je t’ai menti. En fait quand je me suis réveillée à l’hôpital la veille, j’avais perdu la mémoire et à mes côtés se trouvait un policier.
Daniel blêmit.
- Je suis soupçonné de meurtre.
Le visage de Daniel se décomposa. Il ne réagit pas tout de suite. Il prit son temps pour encaisser cette nouvelle. En voyant la réaction de son interlocuteur Claire paniqua.
- Je te jure que je n’ai rien fait. Je ne me souviens plus de rien mais je suis certaine de ne pas avoir tué cet homme. Il faut que tu me croies !
Claire sanglota et se mit la tête dans les mains.
Daniel s’avança vers elle et l’enlaça.
- Regarde-moi ! dit-il en prenant d’une main le visage de la jeune femme dont les yeux furent remplis de larme.
- Je te crois, reprit-il. Je te crois et je ne compte pas t’abandonner. Je suis sur que tu n’as fait aucun mal à personne.
Claire écouta les paroles rassurantes et touchantes de Daniel. Elle vit son visage se remplir de tendresse à son égard. Daniel tenait le visage de Claire de ses deux mains.
- On va régler cette histoire et prouver ton innocente. J’te le promets.
A ces mots Claire se laissa tomber dans les bras de Daniel, qui l’embrassa fougueusement.


21

Les inspecteurs Disher et Menard, restèrent à l’écart pendant que le photographe de la brigade criminelle mitraillait les lieux du crime. Louise, quant à elle, se trouvait assise sur la chaise de la cuisine. Menard jeta un coup d’œil autour de lui. Tout était en place. La bibliothèque bien rangé, les tiroirs fermés, aucune dégradation. Seul le meurtre avait été commis.
Le tueur en voulait précisément à Madame Dubernat, songea-t-il.
Essayant de rassurée la fille de la victime, Disher lui présenta ses condoléances et d’une voix douce, assura à Louise que lui-même et son équipe feront le maximum sur cette enquête.
Louise acquiesça. Depuis qu’elle avait vu le corps de sa mère dans le salon, Louise se laissa aller et d’un geste elle passa toute la fin de journée à s’essuyer les yeux avec son mouchoir.
- Tout ça c’est de votre faute ! reprocha la jeune femme à l’inspecteur Disher.
Disher l’a regarda étonné.
- Faite pas l’innocent, poursuivi-t-elle. Son nom est en première page du journal ! Je n’aurais pas du me laisser convaincre ! J’aurais du la forcer à venir chez moi.
- Vous n’avez rien à vous reproché. Le seul coupable c’est la personne qui à commis ce terrible geste. Quand l’avez-vous pour la dernière fois ?
- Y’a quatre jours. Mais je l’ai eu au téléphone hier après-midi.
- De quoi avez-vous parlé ?
Louise déglutit avec difficulté.
- De la déposition qu’elle vous à faite. Ma mère m’a répété qu’elle devait le faire et qu’elle avait bien agit. Elle m’a assuré qu’il ne lui arriverait rien, du moins elle se sentait en sécurité.
- Très bien. Je vous remercie.
Disher quitta Louise, toujours en état de choc, pour rejoindre Menard. Celui-ci tenait un journal. Disher se pencha pour lire par dessus l’épaule de son coéquipier.
- Regarde, dit Menard. T’as vu l’article de la première page.
- Oui. Le nom de Nadia Dunernat à été cité alors que ni toi, ni moi avons évoqué un élément de l’enquête à la presse.
Menard referma le journal, le plia et le rangea dans une poche intérieur de son anorak. Puis annonça d’une voix grave.
- On a une taupe dans le service.
- Oui je crois aussi.
Disher se passa la main sur le front et un air soucieux apparu sur son visage.
- Maintenant nous savons que Claire Delorme est innocente. Madame Dubernat à vu le meurtrier et le lendemain elle est assassiné. Ce n’est pas une coïncidence.
- T’as raison Disher.
- Menard, Claire Delorme est peut-être en danger, nous devons la mettre sous protection.


22

Suite à la révélation qu’il venait d’entendre, Daniel fut un peu troublé. Il ne fut pas troubler à l’idée que Claire puisse être impliquée dans une affaire de meurtre mais par la réaction de la jeune femme. Si forte et fragile à la fois, honnête, sincère. Il aurait du agir comme un homme normal l’aurait fait à sa place. Quitter la pièce de peur d’avoir des ennuies avec les forces de l’ordre mais non Daniel lui ne pensa pas la moindre seconde à quitter Claire. Il tenait à elle et même s’il était loin de connaître toute la vérité, en son fort intérieur il su que Claire était innocente. Daniel laissa Claire seule sur le canapé le temps de préparer le repas. Faible, fatiguée et troublée par la confidence qu’elle venait de lui avouer Claire refusa l’assiette que lui proposa Daniel mais celui-ci le força à avaler. Elle devait reprendre des forces mentalement et physiquement. Daniel lui, sauta le diner. Il s’assit auprès de la jeune femme et l’enlaça. Profitant de ce moment Daniel demanda des explications sur son amnésie. Claire lui expliqua avec difficulté qu’elle s’était retrouvé à l’hôpital suite à un coup porté sur la tête, qu’elle ne se souvenait de rien du jour ou son client à été retrouvé assassiné sur son lieu de travail et qu’à son réveil l’inspecteur Disher avait fortement déclaré sa culpabilité. Claire allait avouer à Daniel qu’elle pensait retrouver la mémoire quand on frappa à la porte. Claire se figea. Daniel lu la peur sur son visage.
- Tu vas aller ouvrir. Moi je vais rester à côté de toi derrière la porte, on ne sait jamais.
Claire se leva et marcha lentement en direction de l’entrée. Daniel se mit en place. Claire ouvrit. En face d’elle se tenaient deux hommes. L’un plutôt grand, ténébreux, d’origines espagnoles, chevelure noire. Elle reconnut l’inspecteur Disher. A sa droite se tenait un autre homme, de taille moyenne, plutôt enrobée. Claire remarqua qu’ils portaient de long imperméable, comme celui de Colombo.
- Bonsoir Madame Delorme. Pouvons-nous entrer ? demanda Disher.
Claire se mit à l’écart et laissa les inspecteurs s’installer dans le salon. Une assiette de salade trainée dessus. Daniel fit un signe de tête envers les officiers et s’installa à côté du Claire qui fit les présentations.
- Madame Delorme, commença, Disher, qu’avez-vous fait la soirée du mardi au soir ?
- Je suis restée chez moi avec Daniel, il pourra vous le confirmer.
- Oui c’est exact, s’enquit Daniel. J’ai connu Claire à sa sortie d’hôpital, nous avons fait connaissance et j’ai diné chez elle mardi soir je suis arrivé à vingt heures et je suis reparti vers vingt trois heures trente.
- Très bien. Madame Delorme nous sommes dans une situation délicate. Connaissez-vous cette femme ?
Claire observa la photographie de Menard lui donna. Une femme coquette, plutôt âgée, blonde aux yeux bleus.
- Non, jamais vu, annonça-t-elle sans l’ombre d’une hésitation.
- Cette femme à été assassiné à son domicile mardi au soir.
Claire se blottit dans les bras de son compagnon.
- Vous me soupçonnez c’est ça ? demanda-t-elle avec une hanse de peur dans la voie.
- Pas du tout. Au contraire laissez-moi-vous expliquer la situation. Cette personne vous à innocenté lors de l’assassinat de Mr Michelet. Madame Dubernat, notre seconde victime à vu l’homme agressé Mr Michelet sur son lieu de travail. Vous êtes arrivée au mauvais endroit au mauvais moment. Prit de panique il vous a frappé à la tête. Vous êtes innocente nous le savons.
A ces mots Claire soupira fortement et laissa échapper quelques larmes de soulagement. Daniel lui aussi se détendit suite au verdict des inspecteurs.
- Cependant, avoua Menard, suite aux récents évènements, nous pensons que vous êtes en danger. Le meurtrier pourrait s’en prendre à vous, il sait qu’il est identifiable car vous avez vu son visage.
- Comment on va faire alors ? demanda Daniel en prenant la main de Claire.
- Vous devez quitter la ville.
- Hors de question ! affirma la jeune femme. Je ne partirais pas d’ici. Je pense que je commence à recouvrir la mémoire et si je veux que tout me revienne je dois continuer ma vie ici. Je dois continuer à fréquenter mes endroits habituels, et rester entourée. C’est le médecin qui me l’a conseillé. Même sans l’avis du médecin, jamais je ne partirais d’ici, je ne veux pas. Je ne veux pas quitter la ville en pensant chaque seconde au tueur, à savoir s’il m’a suivi, prit le même hôtel ou me fait suivre. Ici, dans ma maison et avec Daniel je me sens en sécurité ? Je connais cet endroit et je sais qu’il ne m’arrivera rien.
Daniel remarqua que Claire exprimait sa peur et ses sentiments avec intensité et d’une franchise débordante.
- Je ne la quitterais pas des yeux, des demain matin je téléphone à mon employeur pour prendre des congés, rajouta Daniel.
Disher et Menard restèrent perplexe.
- Nous allons vous surveillez. Tous les jours Disher et moi-même, nous allons partager la surveillance et vous suivre discrètement afin d’assurer votre sécurité. Pour ne pas vous opportuné dans votre intimité, nous resterons dans la voiture pour une surveillance discrète.
Menard sortit son calepin et nota de mémoire son numéro de téléphone ainsi que celui de Disher puis remit le papier à Claire.
- Vous pouvez nous joindre de jour comme de nuit. Si vous avez un souci, appelé et nous arriverons dans les minutes qui suivent.
Claire se sentit perdu et touchée par cette attention. Mise sous protection policière. L’idée ne l’enchantée guère mais en même temps, plus elle se sentait en sécurité et épaulé, plus elle se détendait.
- Nous allons coincer cet homme Claire, faite nous confiance ! assura Disher d’un ton ferme et déterminé.
Disher le savait. Avec Menard ils arrêteraient cet homme. Ce n’est qu’une question de temps.


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