Présentation du livre

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Ils ont débarqué chez moi à l'aube dans un fracas de porte brisée. Je me suis réveillé en sursaut, mais à peine avais-je posé le pied sur le sol que deux types casqués, gonflés comme des Bibendum Michelin et armés jusqu'aux dents surgirent dans la chambre en hurlant.
- Police ! Police ! À terre !
C'est le genre de circonstances où l'on ne se pose pas de questions. On obtempère. Ma femme qui avait généralement un réveil difficile ne l'entendit pas de cette oreille et se mit à gueuler à travers la pièce jusqu'à ce que l'un des baraqués lui fasse fermer son clapet. Une taloche, un petit balayage et... couché, au pied ! Rah ! Y a pas à dire, y en a qui savent parler aux femmes. Mais bon, l'heure n'était pas aux digressions. En dix secondes, je me retrouvai menotter les mains dans le dos et assis sur le rebord de mon lit sans vraiment avoir eu le temps de comprendre comment j'étais revenu dans ma position initiale. Marianne était de l'autre côté du lit dans la même situation. Mais elle se tenait coite à présent, le pif sanguinolent. Le malabar qui lui avait à moitié pété le nez jeta un rapide coup d'œil dans l'armoire et sous le lit puis comme il se tournait vers l'entrée de la chambre, il gueula :
- C'est bon mon capitaine, ils sont maîtrisés !
Un grand type à moustache portant imperméable fit son entrée avec la prestance du flic d'un film de série B.
- Monsieur Caron Benjamin ?
- Heu... Oui.
- Je suppose que vous savez ce qui nous amène ?
- Heu... Non.
- Foutez-vous de ma gueule, vous êtes bien parti pour prendre le maximum.

Il sortit un papier couvert de tampons officiels sur lesquels on reconnaissait immédiatement les deux grosses lettres de la M . J mis en place de Maison de la Justice. C’était un mandat de perquisition, un euphémisme pour « permis de tout virer de chez toi ». Merde, j’étais mal, mais j’avais encore l’espoir qu'ils passeraient à côté de ma planque sans découvrir ce que j’y avais caché. En malin que je suis, j’avais choisi un endroit qui avait peu de risque d’être révélé par la fouille. Jamais, pensais-je, personne n’aurait l’idée d’aller y fouiner. Mais, quand après que ses hommes eurent dévasté l’appartement dans son entier, le capitaine sortit un cran d’arrêt de sa poche et le planta dans mon matelas, je sus que c’en était fini de moi.
- Putain ! dit-il. Tous les mêmes. Le classique reflexe ancestral.
Il avait fendu la toile du matelas sur un bon mètre et de celle-ci s’échappaient maintenant des dizaines de billets de banque de dix, vingt et cinquante euros. Une fortune ! Au moins dix mille euros en tout.
- Qu’est-ce que c’est que ça ? demanda-t-il.
- Des économies, répondis-je avec honte.
-Des écos ! Tu es vraiment une belle ordure ! me lança-t-il alors en affichant une grimace qui témoignait du dégoût et du mépris que je lui inspirais.

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Nicolas SORANZO