Présentation du livre

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Je suis assis sur un banc, dans une gare , il est vingt deux heure trente. Pas une âme qui vive, parfois un train de marchandise vient briser le long silence de la nuit. Je suis seul, vraiment seul. Je pense, je réflechis, je fume une cigarette, le ciel est parsemé d'étoiles, je cherche désespérement la mienne, celle qui m'indiquera le chemin à suivre. J’allume encore une cigarette et j’ai des idées noires dans la tête. C’est décidé, le prochain train qui passe je le prends, sur les panneaux jaunes indiquant les horaires, il est prévu dans cinquante cinq minute, c’est le temps qu’il me reste pour faire le diaporama de ma vie. Mon prochain voyage sera un aller simple, je n’en connais pas encore la destination finale.

MON PERE

Il est mort sur un lit d’hôpital rongé par le cancer de la prostate et épuisé par les remords d’une vie gâchée. L’alcool, le tabac, le jeu, le travail, la vie auront eus raison de lui en 1994. Je n’étais pas présent lors de son dernier souffle, alors que je savais que la fin était proche. Il a certainement payé très cher le mal qu’il nous a fait et l’éducation qu’il ne nous a jamais donnée. Justine me disait : " Un homme ou une femme qui réussit sa vie, se voit au travers de ses enfants ". La dernière fois que j’ai vu mon père c’était à la morgue, depuis je me suis promis de ne plus jamais aller dans ce genre d'endroit . Je lui en veux sans vraiment lui en vouloir, lui même à été victime des aléas de la vie.
Il est né en Afrique, présumé en 1926 dans un petit village de montagne du côté de Constantine en Kabylie; région ou en été le climat est torride et en hiver glacial, ou l’on peut même admirer le reflet de la neige sur la cime des montagnes.Pas d'eau, pas d'éléctricité, pas de route, rien, le bled quoi! Le chaud et le froid seront les fils conducteur de sa vie.

Marié et père d’une fille en Algérie, il quitta seul son pays, en 1955 pour rejoindre la terre promise. Sa famille s’était cotisée pour ce long voyage, il
portait tous les espoirs d’une famille, en trouvant un emploi et un salaire, il pourrait envoyer de l’argent à ses proches et faire venir sa femme et sa fille
en Europe. Au prix d'un véritable périple, il arriva chez nous,la tête remplie d’espoirs et de rêves, respectant les cinq pilliers de l'Islam et ayant comme unique lecture le Coran.Pour pouvoir surmonter toutes les difficultés d'un tel voyage dans ces années là, il fallait en avoir, pas de diplôme, analphabète et immigré de surcrois. A l'époque sur certaines facades de cafés, il était inscrit " interdit aux chiens et aux étrangers".
Imaginez vous en train de débarquer en Australie avec juste un sac de voyage et un passeport.
Il trouva un emploi dans la sidérurgie, du travail il y en avait pour tous les hommes courageux, il opta pour les hauts fourneaux et le régime des trois poses. On travaille une semaine, de six heure à quatorze heure, une autre semaine, de quatorze heure à vingt deux heure et la dernière semaine, de nuit,de vingt deux heures à six heure; très fatiguant, mais à la fin du mois une fiche de paye très intéressante. Que s'est il passé pour que cet aventurier, cet homme pur et bon devienne au fil du temps son contraire; notre type de société influence t'elle négativement à un tel point notre devenir? Peut on tout admettre sous les principes de la liberté de la comsommation et de la modernité? Mon père était un homme très courageux, il travaillait le W.end et les jours féries, ces jours là étaient payés double voir triple.
Musulman pratiquant, il ne buvait pas, ne jouait pas et ne fumait pas, mais la dure vie de l’usine allait vite le métamorphoser.
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la vie n est pas un long fleuve tranquille

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Nicolas SORANZO